03.11.2009

Elliott Murphy Alive In Paris

Paris-Laimont aller-retour

 

Je vous ai parlé récemment d'Elliott Murphy et de sa superbe prestation au Festival des Granges. Concert sous chapiteau de haut niveau avec un final tout en émotion, avec "Anastasia" dans une version bouleversante, avec les Normandy All Stars. Un seul regret, que ce concert n'ait pas été enregistré.

 

Mi-octobre, le numéro 23 de Xroads est dans ma boîte aux lettres. Come d'habitude, je feuillette fièvreusement en commençant par les chroniques, en cherchant en priorité celles de Jacques-Eric Legarde, de Sam Pierre, de Tony Grieco. Page 83, mon regard est attiré par ceci.

 

ELLIOTT MURPHY *****
Alive in Paris
(Last Call/Wagram)
Last american in Paris

 

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Ainsi donc, Elliott nous fait cette belle surprise. Un CD plus un DVD (ou plutôt le contraire), enregistré un peu moins d'un an avant le Festival des Granges, le 26 septembre 2008, et dans un lieu très différent.

 

Voici le "nouveau" live d’Elliott Murphy. Un exercice où l’on sait qu’il excelle (je l’ai vu peut-être douze fois, c’est toujours au minimum exceptionnel !). Un concert "différent" ici (mais ils le sont tous, à la fois dans le tracklisting et dans l’interprétation), puisqu’il s’agissait, dans un lieu un peu particulier (la mairie du sixième arrondissement de Paris !), de fêter les quarante ans de scène du Murph’, à l’occasion d’une très belle exposition s’y référant.

 

Moi je ne l'ai vu que 4 fois (dont 2 "vrais" concerts) mais je partage l'avis énoncé ci-dessus sur la qualité démontrée par Elliott Murphy sur scène.

 

Le décor est planté. Paris célèbre Mr. Murphy, et ce dernier remercie sa ville d'adoption à sa (belle) manière avec ses 3 potes français. Même configuration qu'à Laimont, si ce n'est qu'Alan Fatras a délaissé sa batterie pour un cajon (caisse en bois) en guise de percussions.

 

L’on sent d’ailleurs le bonhomme très ému en début de show, après une présentation amusante du maire qui s’emmêle gentiment (Elliott aurait sorti… trente-neuf albums ! Ah bon ???), lorsqu’il commence par un "bonjour ma ville" ou quelque chose de similaire.

 

Début du concert avec "Crepuscule", titre de son dernier album "Notes From The Underground". L'univers est familier, les artistes sont heureux de jouer, le public (très différent de celui du Festival des Granges) heureux d'être là.

 

Ensuite, le mur de guitares acoustiques, rodé avec son fidèle compagnon Olivier Durand (meilleur à chaque prestation !), déverse son lot de petites perles.

 

Tout s'enchaîne, sans un temps de faiblesse, pendant 2 heures pour le DVD, un peu moins pour le CD audio.

 

Le CD en contient une douzaine et le DVD, chichement filmé, mais efficace (et on ne lui en demande pas plus), six de plus, dont un fiévreux « LA Woman » en premier rappel !… Pour le reste, on connaît les chansons : « Green River », « Crepuscule », « On Elvis Presley’s Birthday », « Diamonds By The Yard », « Ophelia », « You Never Know What You’re In For », « Last Of The Rock Stars », « And General Robert E. Lee » ou « Come On Louann » en ultime rappel (sur le DVD only). Cinq étoiles méritées pour ce songwriter champion toutes catégories.

 

Un grand Monsieur, que cet Elliott Murphy, rocker NewYorkais, poète, journaliste et écrivain, le plus Français des songwriters américains. Vous en saurez plus en vous rendant sur son site web.

 

Les lignes en vert sont extraites de la chronique de Chrstophe Goffette, le boss de Xroads, que je reproduis avec son autorisation.

 

Je le laisse d'ailleurs conclure, à la mode de chez Xroads:

 

À ranger entre Notes From The Underground et le Live at the Marrackech, Pontoise (!!)

 

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Et je vous invite à vous procurer Xroads #23. Et début décembre paraîtra le Special Crossroads "100 disques essentiels 1976-1978" avec les chroniques de 2 disques d'Elliott Murphy (2 masterpieces): "Night Lights" (par Jacques-Eric Legarde) et "Just A Story From America" (par Sam Pierre).

 

 

PS: Fanny, si tu passes par là, cette chronique t'est dédiée en souvenir des excellentes soirées du mois d'août…

30.09.2009

Le temps d'aimer

Dan Fogelberg - Love In Time

En janvier de l'année dernière, j'avais évoqué ici le souvenir de Dan Fogelberg qui venait d'être vaincu par un cancer de la prostate. Depuis, j'avais pu apprendre sur son site qu'il avait eu le temps de produire un dernier album avant de disparaître.

Cet album s'appelle "Love In Time" et, si vous le commandez (ce que vous ne manquerez pas de faire) à partir du site web de Dan, vous ferez par la même occasion un don pour la recherche médicale.

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Cet album comporte 11 titres, dont 9 compositions originales inédites. Voici ce qu'en dit Jean, la veuve de Daniel Fogelberg:

"En 2003, alors qu'il compilait du matériel pour un CD d'enregistrements publics, Dan est tombé sur quelques maquettes brutes qu'il avait enregistrées plus tôt dans sa carrière. Il eut alors l'ispiration de les terminer et travailla sur les chansons jusque mai 2004, date où son cancer de la prostate fut diagnostiqué. En janvier et février 2006, il reprit le travail et enregistra trois nouveaux titres. En avril 2006, il compléta et séquença le CD Love In Time et me demanda de le publier après son départ. Dan nous quitta en décembre 2007 mais sa musique continue - héritage vivant de l'un des plus éclectiques et des plus talentueux parmi les musiciens, chanteurs et songwriters de sa génération".

Je ne peux que souscrire à la dernière phrase de cette citation. S'il faut véritablement chercher une référence, le seul nom qui me vient à l'esprit parmi ses contemporains est celui de Jackson Browne, dont il est proche par le style et le talent.

Pour cet album (posthume mais entièrement voulu et réalisé par l'artiste), Dan a absolument tout fait seul, voix et instruments.

Deux titres, cependant, ne sont pas de sa plume. Il y a tout d'abord "Soft Voice", écrit par Larry Hickman.

Et puis il y a surtout "Birds" de Neil Young ("for Jeanie, my own true love"), chanson d'adieu à sa bien-aimée, mais aussi à son fidèle public. Comment ne pas être bouleversé par ces vers empruntés au "Loner", les derniers de l'album?

When you see me fly away without you
Shadow on the things you know
Feathers fall around you
And show you the way to go
It's over...
It's over.

 

31.08.2009

Woodstock en Meuse

Le festival des Granges

Cela se passe à Laimont, non loin de Bar le Duc, dans la Meuse. Ce département ne se contente pas d'être l'un des plus beaux de France, il présente des surprises à chacun de ses détours. Et pour ceux qui s'imaginent qu'on n'y rencontre que des cimetières, ces trois soirées (27, 28 et 29 août) du 6ème Festival des Granges constituent un joyeux démenti.

Dans un cadre verdoyant et convivial, Fanny et Pascal nous ont proposé un programme d'une grande qualité et d'une grande diversité, débutant le jeudi par la "soirée grange", dont le nom dit bien ce qu'elle est. Mais une grange avec tout le confort, et même un bar, bien utile à cette époque. Elle devrait d'ailleurs prochainement accueillir d'autres manisfestations. À suivre...

Le premier invité était Jason Hakin, songwriter canadien, très marqué par la pop anglaise (Beatles, Kinks...). Il n'a pas hésité à laisser tomber appartement et travail pour promouvoir son premier album dans son pays natal mais aussi en Angleterre ou en France. Accompagné par Clément Lucas (percussions, harmonies et scie musicale), il a donné le ton de ces trois soirées: la qualité mais aussi la connivence entre les artistes et un public conquis et chaleureux.

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Ce fut ensuite le tour de Guillaume Ledoux, échappé (temporairement) de Blankass avec son compère Cédric Milard aux claviers. Une bonne surprise que ce duo qui inaugurait une nouvelle formule et craignait un peu la réaction du public. Ses textes souvent humanistes, méritaient l'écoute attentive qui leur a été accordée par les quelques privilégiés qui étaient présents. On eut même droit à une reprise de "King's Highway" de Tom Petty. Les sourires, à la fin du set, en disaient long sur la réussite de l'entreprise.

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Le grand choc de la soirée a pour nom Don Ross. Ce guitariste canadien, aux allures de Nounours sympathique, nous a offert un numero hallucinant de virtuosité. Ce qu'il fait avec une guitare acoustique (et de faux ongles, qui furent l'objet d'une savoureuse anecdote, à la main droite) est impossible à imaginer. Pour ne rien gâter, il chante parfois, et bien. Et tout cela avec une gentillesse et un sens de l'humour (bilingue) qui lui ont permis de mettre tout le monde dans sa poche. Son numéro, avec une pédale wah-wah (et une guitare qui est, je le rappelle, coustique), sur le titre "Dracula and Friends, Part 1" m'a particulièrement marqué. Et chacun aurait voulu que la nuit se prolonge.

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Vendredi, première soirée chapiteau. Ouverture par Coline Malice, jeune chanteuse belge (qui vit une partie du temps à Clermont-Ferrand). Accompagnée d'Antoine Quinet (claviériste reconverti pour l'occasion à la guitare), elle nous a proposé, au son de son accordéon, un spectacle tout en douceur qui aurait sans doute encore mieux trouvé sa place dans la grange où il était d'ailleurs initialement prévu.

Krystle Warren a été pour moi la seule petite déception de la soirée, expliquée peut-être en partie par la fatigue (la mienne). Cette jeune américaine de Kansas City, à l'allure androgyne , songwriter de son état, élevée à l'école du métro, et qui évolue dans un registre soul-rock, ne m'a pas emballé sur scène comme elle l'avait fait avec son album "Circles". Ni les mélodies, ni le jeu de guitare ne m'ont séduit. Le groupe (The Faculty) qui la met si bien en valeur sur l'album faisait défaut ce soir-là. Et je n'ai pas réellement aimé la reprise (en rappel) de la chanson des Beatles "Eleanor Rigby". Ce type d'exercice, difficile quand on veut s'éloigner du modèle, est peut-être réservé à des gens de la stature d'Otis Redding ou de Ray Charles. Mais, dans l'ensemble, la réaction du public a été enthousiaste. C'est donc moi, sans doute, qui n'ai pas su apprécier.

Je parlerai peu de Titi Robin est de ses deux accompagnateurs car je n'ai vu que le début de son set (la fatigue, encore, et un départ prématuré). Mais l'échantillon est prometteur. Cet artiste à part évolue dans un univers qui ne l'est pas moins, quelque part entre musique orientale et musique gitane. Titi Robin habite sa musique et mérite d'être découvert davantage. Un bel exemple de passion.

Le festival s'est terminé par un vrai feu d'artifice le samedi soir. 3 artistes, 3 grands et beaux moments.

Le premier à prendre la scène fur Amar Sundy, un nom pour moi, rien de plus. En l'espace d'une heure il a conquis tout le monde par son "blues touareg", chantant alternativement dans sa langue maternelle ou en Anglais. L'influence du blues de Chicago (où il a vécu), celle de la culture de son peuple mais aussi celle de la France, où il vit, donnent un résultat de très haut niveau. Et que dire de son interprétation de "Stormy Monday" de T-Bone Walker où son talent de guitariste a littéralement explosé? Ce n'est pas Tony, un spécialiste de la 6 cordes qui me démentira. Et les musiciens qui l'accompagnaient étaient tous au même (haut) niveau.

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Sapho, qui venait ensuite, constituait pour moi une une inconnue, une inquiétude aussi. Ce soir-là, elle chantait Léo Ferré sur des rhythmes de flamenco, accompagnée d'un guitariste (Vicente Almaraz) et d'un percussionniste (Alyss). Son côté théâtral et sa présence scénique mis au service de la musique de Ferré et de textes d'Aragon, Baudelaire ou Caussimon ont trés vite mis tous les spectateurs de son côté. Elle était morte de trac en montant sur scène mais lorsqu'elle en est partie, après une double interprétation de l'éternel "Avec le temps", en Français et en Marocain (Sapho est Franco-Marocaine), son visage n'était plus que sourire. Et quel plaisir d'entendre la langue française dans ce qu'elle a de plus beau, interprétée d'une si jolie manière.

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Et puis le rideau est tombé avec Elliott Murphy et les Normandy All-Stars (Olivier Durand à la guitare, Laurent Pardo à la basse, Alan Fatras à la batterie). Elliott Murphy, pour moi, c'est une histoire qui remonte à plus de 30 ans, à l'époque de ses débuts. Ce fut un show haute énergie avec notre Elliott, de retour à Laimont, bondissant comme jamais, à 60 ans. Le chapiteau était bondé, tout le monde était debout, et beaucoup de grands morceaux du répertoire du plus Français des New-Yorkais ont été interprétés, entrecoupés par un "I Want You" de Bob Dylan" ou un "Gloria" de Them (Gloria qui, pour la circonstance, venait apporter de la quiche Lorraine - en Français dans le texte - à Mister Murphy). Et puis les deux guitaristes ont débranché leurs intruments, sont venus au bord de la scène, et nous ont offert un "Anastasia" bouleversant de beauté et d'émotion. Elliott, Olivier (à la slide guitare) et les deux autres pour quelques harmonies, j'aurais voulu arrêter le temps. Deux titres de plus, "unplugged" eux aussi, et c'était déjà l'heure de se quitter. Et les musiciens avaient le même sourire heureux que le public.
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L'heure de reprendre la route, déjà, après ces trois soirées magiques. Et déjà l'envie de revenir, pour la septième édition, n'est-ce pas, Fanny et Pascal?
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19.08.2009

Neal aux deux visages

Neal Casal et Hazy Malaze

On ne présente plus Neal Casal. Je vais le faire néanmoins, rapidement. Ce songwriter américain est né en 1968 dans le New Jersey. Très tôt, il baigne dans la musique et la découverte des Rolling Stones va provoquer en lui une fascination pour la musique rock.

Pendant ses jeunes années, il voyage beaucoup avec sa famille, déménageant aux quatre coins des USA, ce qui lui permet de découvrir les grands espaces qui seront une autre influence majeure pour sa musique.

À l'occasion de la sortie de "Basement Dreams", en 1998, il sera présenté comme quelqu'un qui se situe entre Gram Parsons et les Rolling Stones. Il a produit en tout une dizaine d'albums en solo, deux en duo (avec Kenny Roby puis avec Shannon McNally) et deux avec son groupe rock-blues Hazy Malaze. Paralléllement, il joue aussi les sidemen de luxe ne qualité de guitariste au sein des Cardinals de Ryan Adams.

2009 est une année importante pour Neal qui revient tout d'abord avec un album solo, "Roots & Wings" qui, comme son nom l'indique est son album le plus "roots" depuis longtemps. Il est aussi le plus inspiré depuis "Basement Dreams". C'est un album acoustique qui a bénéficié d'une chronique 4 étoiles de la part de Sam Pierre pour Xroads #17.

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Un échantillon de cet excellent album? Je vous propose "Keep The Peace".


podcast

En cet été, c'est le retour de Hazy Malaze, trio composé de Neal Casal (guitars, Wurlizer & lead vocals), Dan Fadel (drums, percussions & vocals) et Jeff Hill (bass guitar & vocals).

Je n'ai pas encore écouté cet album, "Connections", publié comme les précédents par l'excellent label français Fargo Records. Il est de toute évidence beaucoup plus électrique! Vous pouvez en avoir une idée en vous rendant sur le site MySpace du groupe (il suffit de cliquer sur le titre ci-dessus).

l paraît sous forme de "Limited Edition LP Gatefold" (c'est à dire un 33 tours avec une pochette qui s'ouvre) et contient, en guise de bonus, un CD de l'album entier (soit 10 titres).

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Un futur collector, sans doute, d'autant que son format ne le prédestine pas à surabonder dans les rayons des différents supermarchés de la musique (notez qu'il est vendu pour la modique somme de 18,00€, frais d'envois compris, sur le site Fargo Store).

 

11.06.2009

Hors de danger

Jan Baez - Gone From Danger

Le 5 juin dernier, a eu lieu au cinéma Jean Vigo de Gennevilliers, un remarquable concert de Richard Shindell. Je vous en parlerai prochainement. Au cours de sa prestation, Richard a interprété "Reunion Hill", une chanson écrite en 1997 pour Joan Baez (et pour son propre album éponyme).

C'est l'occasion pour moi de parler de l'album de Joan Baez "Gone From Danger" qui, en plus de "Reunion Hill" comporte 2 autres titres de Mr. Shindell: "Fishing" (extrait de l'album "Blue Divide" de 1994 et "Money For Floods" (qui figure aussi sur "Reunion Hill", l'album). Il est à noter qu'une autre ex-invitée de la Pomme d'Ève, Dar Williams, figure au générique avec 2 titres ("February", sur lequel Dar fait une apparition vocale, et "If I Wrote You"). C'est d'ailleurs par l'entremise de Dar que Joan entra en contact avec Richard. Sont également à l'honneur Sinéad Lohan ("No Mermaid" et "Who Do You Think I Am"), Betty Elders ("Crack In The Mirror") et Mark Addison ("Mercy Bound"). Un seul titre, "Lily", est (co-)composé par Joan.

Je ne suis pas un fan inconditionnel de Joan Baez dont les prouesses vocales souvent superflues m'ont un peu énervé dans le passé mais, s'il est une chose sur laquelle on ne peut qu'être d'accord, c'est la pertinence ds ses choix pour ce qui est des songwriters dont elle a repris les œuvres. Depuis Bob Dylan, la liste est longue, et de qualité.

"Gone From Danger" a ceci de particulier qu'il est le premier album de Joan à ne mettre en vedette que des artistes quasiment inconnus à lépoque de sa parution (23 septembre 1997). Pas de grands noms, pas de tubes, mais un bien bel album avec un impressionnant casting de musiciens et de chanteurs.

Hélas, le label (Guardian) sur lequel le disque fut publié à l'origine connut quelques déboires, Joan se retouva sans compagnie discographique (son disque suivant, "Dark Chords On A Big Guitar" ne parut qu'en 2003) et le CD ne fréquenta les rayons des marchands de musique que de façon éphémère.

Heureusement, Proper Records (au Royaume Uni et en distribution européenne) eut la bonne idée de souffler sur la poussière et de ressortir l'objet, plus de 11 ans plus tard. Et quel objet! Il s'agit d'une "Collectors Edition", un double CD. Bien sûr, de telles rééditions sont souvent discutables et j'en suis pas non plus un fan inconditionnel. Trop de ces publications sont remplies jusqu'à l'écœurement de titres qui n 'eussent point mérité de sortir de l'oubli.

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Pour "Gone From Danger", ce n'est pas le cas. Le premier disque est la réédition du CD originel, ni plus, ni moins (remasterisé quand même, ce qui ne gâte rien). Le deuxième CD est constitué de la prestation de Joan pour Mountain Stage, à Charleston, West Virginia, le 11 août 1997, soit plus d'un mois avant la parution de l'album dont l'enregistrement venait de se terminer.

La veille, Joan, en guise de tour de chauffe, s'était produite au festival folk de Newport qui l'avait révélée en 1959 et où elle n'était pas apparue depuis 1981. Le moins que l'on puisse dire, après avoir écouté ce dique bonus, c'est que la performance ne souffre pas du manque de répétitions.

Huit des 10 titres de "Gone From Danger" sont interpétés (seuls manquent "Lily" et "Mercy Bound"). Joan (voix et guitare) est accompagnée de Kenny Greenberg (guitare), Mark Peterson (basse) et Carol Steele (percussion). Mais le vrai bonus de ce bonus, c'est la présence de Richard Shindell, Sinéad Lohan, Betty Elders et Dar Williams  sur leur propres compositions (à l'exception de "February", chanté par Joan seule avec sa guitare, en ouverture du concert).

Les trois autres titres de cette remarquable performance sont "Long Bed From Kenya" (de et avec Betty Elders - et avec son mari Gene Elders au violon), "You're Aging Well", le bien titré (de et avec Dar Williams) et "To Ramona" (de Bob Dylan, avec Sinéad Lohan).

 Un disque à s'offrir (ou se faire offrir), assurément...