07.07.2008
... et la porte s'est refermée, doucement...
En ce premier jour de juillet, la chaleur était grande sur Paris. Dans le quartier du Panthéon, heureusement, les vieilles pierres et les rues étroites nous apportaient une fraîcheur, relative, certes, mais bienvenue.
Quand je suis arrivé rue Laplace, un peu avant 19h00, les sanwiches et la bouteille d'eau à la main, quelques habitués entouraient Hervé, pendant qu'à l'intérieur les musiciens et le metteur en son effectuaient les derniers réglages.
Difficile d'imaginer que les choses avaient changé, que j'allais assister à mon dernier concert d'Acoustic in Paris, l'avant-dernier de la série puisque, le lendemain, les mêmes invités revenaient pour la séance d'adieu.
Et quels invités! Deux habitués, et deux excellents souvenirs pour moi (des artistes que j'écoute depuis plus de 35 ans): Eric Andersen et Iain Matthews avec, en prime, l'excellent guitariste et chanteur "Americana" originaire des Pays-Bas, mais avec une partie de sa famille qui est canadienne, Ad Vanderveen.
Lorsque je suis descendu dans le caveau, la scène était pleine: Eric et Ad étaient là pour le soundcheck en compagnie de 2 charmantes jeunes femmes. Il y avait Ingrid, l'épouse d'Eric Andersen et Kersten de Ligny, choriste d'Ad Vanderveen. Et un piano électrique avait été ajouté au cas où une sardine aurait tenté de se faufiler sur la scène (ce qui, convenons-en, est assez rare sur la Montagne Ste Geneviève mais, à défaut de poisson, il arrive qu'Hervé monte auprès de ses invités...).
Premier constat: Eric Andersen semblait stressé, de mauvaise humeur et même désagréable avec Patrick, l'homme grâce à qui le son de La Pomme d'Ève a acquis une réputation mondiale. Mais là, les choses étaient plus délicates car on pouvait imaginer qu'à un moment de la soirée cinq personnes vocaliseraient ensemble.
Les invités se sont ensuite éclipsés pour aller prendre une collation au restaurant d'en face et puis, après un temps un peu long pour ceux qui attendaient, Hervé monta enfin sur scène pour présenter le programme des 2 soirées. Les 2 dernières... Était-il ému? Sans doute, mais il ne le montra pas trop, il avait encore 2 soirées de plaisir (et de tracas, aussi) devant lui.
Le programme: d'abord Ad Vanderveen et Kersten de Ligny, puis Iain Matthews (avec Ad) et enfin Eric Andersen avec Ingrid... et Ad. Le sympathique guitariste hollandais allait donc être le trait d'union de la soirée.
Ad Vanderveen, vous pouvez le découvrir ici . Il a derrière lui une carrière estimable et son principal titre de gloire (pour moi en tout cas) est d'avoir été membre du trio "More Than A Song" en compagnie d'Elliza Gilkyson et Iain Matthews (il a d'ailleurs composé le titre "More Than A Song To Sing" qui a donné son nom au groupe). Il a sorti récemment un double CD "Still Now" qui présente 2 aspects de sa personnalité et de sa musique. L'un, intitulé "The Living" présente des morceaux interprétés en solo, à la guitare acoustique. L'autre, "The Garage", offre des titres où il est accompagné par son groupe rock, "The O'Neils", certains titres étant communs aux 2 CD.
Ad, en compagnie de Kersten, nous gratifia d'un set fort agréable qui nous permit de mieux le connaître. Plusieurs titres de "Still Now" (dont le morceau titre) étaient au programme. Guitariste de talent, chanteur et compositeur compétent à défaut d'être original, Ad Vanderveen nous fit passer un bon moment. Il invita Iain Matthews à le rejoindre pour interpréter en sa compagnie "If My Eyes Were Blind" de cet immense songwriter qu'est David Olney. Si Emmylou vient lire cet article, ce n'est pas elle qui me démentira!
Dans la foulée, Iain débuta son set. Et il nous fit du Iain Matthews, toujours passionné par ce qu'il chante, toujours amoureux de la musique, toujours heureux d'être au milieu de son public. Ad Vanderveen, dès les premières notes, se mua en accompagnateur. Et c'est sans doute dans ce rôle qu'il est le meilleur. Que ce soit à la guitare ou aux harmonies vocales, il donne l'impression qu'il a toujours joué avec son partenaire. Or, dans le cas de Iain, cela faisait plus d'un lustre qu'ils n'avaient pas partagé la scène. Ce set s'écoula donc sans réelle surprise, mais toujours à un très haut niveau avec 2 artistes qui prenaient plaisir à être ensemble. Ad Vanderveen reprit le milieu de la scène pour un très beau "More Than A Song To Sing" avec Iain et Kersten, et puis, au bout des 45 minutes qui lui avaient été imparties, plus quelques minutes, Iain débrancha sa guitare et ce fut le break.
Occasion pour moi de disctuter un peu avec Ad et Kersten, de me faire autographier "Still Now", et pour chacun de se rafraîchir.
Tout le monde, sauf Iain, remonta ensuite sur la scène, au milieu d'une forêt de pieds de micros, de fils élecrtiques, de bouteilles d'eau... Et Eric semblait toujours aussi tendu. Il commença par la sublime chanson de Tom Paxton, "Last Thing On My Mind", qu'ils avaient interprétée ensemble le 29 janvier dernier. Ad était assis dans un coin de la scène, sur le tabouret du piano électrique, aussi à l'aise assis avec Eric qu'il l'était debout avec Iain. Ce dernier, au pied de l'escalier, derrière Hervé, ne perdait pas une miette de la prestation de ses amis.
Au prix de quelques efforts pour bouger sa carcasse, Eric passa au piano, pour "Don't It Wanna Make You Sing The Blues", puis plus tard pour "Blue River", ne semblant se décontracter que petit à petit... Cela dit, le plaisir était quand même réel pour le public...
Les minutes passaient, trop vite. Et Eric, après quelques remerciements sincères pour Hervé dit aussi son attachement au lieu et aux perres millénaires qui le font paraître plus jeune. Il appela ensuite Iain à venir faire le cinquième sur la scène pour un tarot interpréter ensemble (avec les 3 autres) "Close The Door Lightly". Tout un symbole. Le titre était particulièrement adapté aux ciconstances (le lendemain, d'ailleurs, le concert se termina sur ce morceau, avec Hervé en guest-star - j'imagine son émotion). Et c'était aussi un symbole pour moi car j'avais découvert Eric Andersen par ce titre interprété par Ian Matthews (il ne s'appelait pas encore Iain) sur l'album "Tigers Will Survive" en 1972
Il y eut encore 2 titres, dont l'indémodable "Thirsty Boots", et Eric semblait enfin heureux de chanter. Et Iain, sur la scène, le regardait avec l'oeil ravi d'un fan.
Et ce fut l'heure de refermer la porte, doucement...
Mais aparavant, chacun vint pour un rappel. Ce fut d'abord Iain, seul avec son micro (la guitare était rangée) qui interpréta "Galway To Graceland" de Richard Thompson. Et la bande des quatre reprit à son tour possession de la scène pour une interprétation mémorable et endiablée - Eric semblait dès lors prêt pour le concert du lendemain - d'un titre ancien: "Hey Babe Have You Been Cheatin'".
Cette fois, c'était bien terminé, pour moi du moins, car je ne serais pas là le 2 juillet...
12:30 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : hervé oudet, la pomme d'eve, eric andersen, iain matthews, ad vanderveen
19.06.2008
George W et les autres
L'industrie du disque agonise lentement et pourtant, paradoxalement, la création musicale est très vivante. Chacun peut, désormais, avec un minimum de connaissances techniques, un minimum de matériel et, quand même, un peu de talent, produire un enregistrement d'une qualité acceptable.
C'est ensuite que les choses se compliquent. Comment vivre de son art, comment se faire connaître, comment diffuser sa musique pour atteindre ceux qui sont susceptibles d'y être sensibles. Il n'y a plus de disquaires indépendants, ou si peu, et les magasins autrefois agitateurs culturels se sont tournés vers d'autres produits de masse à la rentabilité assurée.
Cela me coûte de l'écrire, mais le meilleur rayon disques du département de la Marne, où je réside, se trouve désormais à l'espace culturel d'Edouard L, à Châlons en Champagne. On peut y trouver des disques (enfin au moins 1 de chaque artiste) de Peter Rowan, Eilen Jewell, Anais Mitchell pour citer quelques exemples. Peronne ne les achètera sans doute jamais, mais là n'est pas la question
En fait, et je ne l'apprends à personne, c'est internet qui a pris le relais, et cela dans des proportions que je n'imaginais pas il y 10 ans lorsque j'ai souscrit mon premier abonnement avec pour objectif essentiel de pouvoir commander quelques disques introuvables ici (ou trouvables très cher) auprès d'un site qui s'appelait CD Now qui, au bout de quelque temps, a aiguillé sa clientèle vers Amazon.
Nous pouvons maintenant commander nos disques favoris sans quitter notre fauteuil et attendre le passage du facteur. Mais si nous ne faisons pas preuve d'un peu de curiosité, nous aurons du mal à sortir du cercle de quelques chanteurs en vogue, plus ou moins talentueux (en général plutôt moins), plus ou moins formatés (plutôt plus) et hautement publicisés par les mass-media.
Mais comment connaître autre chose?
D'abord, en lisant ceux qui prémâchent le travail et vous parlent sans autre intérêt que celui de la passion (2 mots a priori antinomiques) d'artistes qu'ils aiment et ont envie de faire connaître. Pas loin d'ici, il y a Acoustic in pAris ("Acoustique Hervé"), Maître Chronique ("Brother Too"), There's Always Someone Cooler Than You ("Thanu"), Leaky Sparrow ("Leaky Sparrow"), Quiet Man (qui?) dont vous trouverez les blogs en lien, en haut et à gauche de cet écran.
Il y a aussi les sites de vente en ligne qui diffusent les artistes indépendants, je citerai pour exemple CD Baby.
Et puis, il y a les sites de téléchargements indépendants et "DRM free" comme eMusic, Payplay ou DigStation. Je cite ceux que je connais (ce que je connais) mais je compte sur Denis ou Hervé, lorsqu'ils passeront par ici, pour vous laisser d'autres adresses en commentaires.
Il y a aussi les sites de ce que l'on appelle encore les "maisons de disques".
Et puis, il y a les sites des artistes qui souvent vous vendent maintenant directement leurs oeuvres, en ligne (avec paiement par carte bancaire ou par compte PayPal ou Google) à des prix très intéressants. La faiblesse du dollar par rapport à l'euro n'est pas dénuée d'intérêt, à cet égard, pour ceux qui aiment la musique venant du pays de George W.
George W est pour moi l'exemple type de l'artiste que je n'aurais jamais découvert sans internet. Il y en a beaucoup d'autres, de Mark Erelli à Tim Easton, de Laurie Lewis à Liz Meyer, etc.
Pour George W, le cheminement à été le même que pour beaucoup d'autres. Sur un site de téléchargement (eMusic en l'occurrence). Je tombe par hasard sur un nom connu (c'était Jubal Lee Young, fils de Steve Young, auteur de l'immortel "Seven Bridges Road", repris par Eagles ou Ian Matthews). Je clique sur le nom de Jubal Lee Young et à côté, d'autres noms s'affichent, dont ceux de Dave Gunning et George Wirth.
Oui, parce que George W, c'est George Wirth, pas l'autre. Mû par une saine curiosité, je clique sur ce dernier nom et j'aboutis sur un disque intitulé "The Lights of Bregantine". Pour chaque titre (il y en a 13), un "sample" de 30 secondes permet de se faire une idée. Il ne m'a pas fallu 15 secondes pour accrocher: une guitare, un harmonica, une voix râpeuse à souhait (dans la lignée d'un Sam Baker ou d'un Malcolm Holcombe - merci Hervé) et puis des textes et des mélodies.

La démarche, ensuite, est pour moi toujours la même. Je tape le nom de l'artiste sur Google et je vais sur son site web quand il existe. Et pour George W, il existe. Il n'est pas des plus techniquement sophistiqués, mais il est à l'image de la musique de George W et de l'homme lui-même sans doute, simple et sans fioritures inutiles.
On y trouve les textes de son unique album (leur seule lecture nous permet de comprendre que nous avons affaire à quelqu'un qui sait raconter des histoires), le lien vers le site de vente (CD Baby) et quelques informations: les guitares utilisées pour chaque morceau et même le coût du matériel d'enregistrement!
Il y a aussi 5 titres enregistrés en public en 2007 téléchargeables gratuitement ici. Ces titres ont été enregistrés en mai 2007 à l'Albert Hall à Warington, New Jersey, avec 2 amis: Norm Draper et Jim McCarthy.

Et puis, indispensable, le lien vers le "MySpace" qui permet d'écouter quelques morceaux dans de bonnes conditions.
La même démarche m'a aussi amené à James Isaak, déjà auteur de 3 albums dans la veine d'un jeune Bob Dylan. Le dernier, paru il y a quelques semaines, s'intitule "Trying To Find A Way Home".

Rendez une visite à James aussi, ici ou là, vous ne le regretterez pas.
Je peux multiplier les exemples, sinon à l'infini, au moins assez longtemps pour lasser le lecteur impatient. Je me contenterai de lancer quelques noms, votre curiosité fera le reste: Arthur Godfrey, Mark Eltiott, Liz Meyer, I See Hawks In L.A., Laurie Lewis & The Right Hands, Last Train Home, Angel Band, Diana Jones, Becky Schlegel, The Skylighters, Chris Jones, Dave Insley...
09:40 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : george wirth, james isaak
04.06.2008
MARK ERELLI: DELIVERED
Le Mark nouveau est arrivé!

Mark Erelli est un auteur-compositeur, chanteur et guitariste dont j'ai parlé à plusieurs reprises sur ce blog.
Il y a eu tout d'abord "Aimons-les vivants", en août 2006, où je présentais les 5 albums studio publiés par cet artiste que j'avais découvert depuis peu grâce à mon marché sur internet.
Il y eut ensuite, en novembre de la même année, "Innocent When You Dream", titre de l'album de "berceuses et chansons d'amour", nouveau CD de Mark composé essentiellement de reprises et inspiré à l'artiste par sa prochaine paternité. Pour l'anecdote, la traduction (maladroite) que j'avais faite des notes du livret avait été reprise par Jacques-Eric Legarde (qui en même temps renvoyait vers mon blog) dans sa chronique du disque pour Crossroads.
Puis ce fut "Mark... Enfin!" en janvier 2007 et l'annonce du concert du 18 février à la Pomme d'Ève.
Ce concert eut lieu et fut magnifique. Mark y démontrait son talent en tant qu'artiste à part entière mais aussi sa capacité à accompagner quelqu'un qu'il ne connaissait pas quelques jours auparavant, en l'occurrence Hayes Carll (qui vient d'ailleurs de publier un excellent troisième disque: "Trouble In Mind"). J'en fis un compte rendu en 2 parties: "La Pomme d'Ève, 18 février 2007 (première partie)" et "Eve's Apple, February 18, 2007 (part 2)".
Depuis, plus rien. À cela au moins 2 bonnes raisons.
La première est la naissance du fils de Mark qui entendait lui consacrer le temps qu'il méritait.
La seconde est que Mark se mit à préparer un nouvel enfant, son prochain disque. Mais les choses étant ce qu'elles sont et la crise du disque étant ce qu'elle est, Mark choisit, afin de conserver son indépendance artistique et de ne point s'endetter auprès des banques, de faire co-financer son album par ceux qui appréciaient sa musique. Il lança donc sur son site web un appel à ses visiteurs qu'il appela "Barn raising" (par analogie avec la démarche solidaire qui existait dans l'agriculture nord-américaine aux 18ème et 19ème siècles).
Nous fumes un certain nombre (180 je crois) à répondre à cet appel avant début 2008 et à attendre les nouvelles de l'oeuvre future.

Les informations furent délivrées au fur et à mesure, les dates se précisaient. Le titre de l'album fut enfin connu, très approprié aux circonstances de sa naissance: "Delivered".
Le 7 mai, je reçus enfin l'affiche autographiée et puis, quelque temps après, les "Barn Raisers" américains recevaient le précieux CD.
Mes 2 exemplaires, eux aussi autographiés "Merci Pascal" me parvinrent le 28 mai et je pus enfin écouter "Delivered".

11 titres: "Hope Dies Last", "Baltimore", "Shadowland", "Volunteers", "Five Beer Moon", "Not Alone", "Delivered", "Man Of The Family", "Once", "Unraveled", "Abraham".
Mark chante, joue de l'harmonica et de guitares diverses, accompagné par quelques musiciens de talent au premier rang desquels Zack Hickman, connu pour son travail avec Josh Ritter, qui produit également le disque.
Mister Erelli confirme son talent de mélodiste, tantôt doux et tendre comme dans "Hope Dies Last" ou "Man Of The Family", tantôt plus rock 'n' roll. À noter également le très dylanien "Once".
Il démontre aussi qu'il est un parolier de talent qui sait dire ce qu'il a à dire comme dans "Volunteers" composée peu de temps avant son passage à Paris et que nous avions eu le privilège d'entendre.
Et puis il y a "Abraham" qui clôt l'album où Mark demande à Abraham (Lincoln) de se lever de son trône de marbre ("Oh Abraham / Rise up from your marble throne") pour venir sauver son pays. "...But we need someone to guide us / For we've never been so lost and so alone / Oh Abraham".
Chanson de désanchantement plus que de colère, espoir sans illusion: "Say it wasn't all in vain / Though I understand / Why another wise man won't come forward / When all the others were rewarded / With a bullet in the brain". Allusion non voilée à la mort d'Abraham Lincoln mais aussi à celle des frères Kennedy.
Un bien beau disque, malgré le pessimisme du morceau final.
Une mauvaise nouvelle, cependant: le CD ne sera disponible dans le commerce que début septembre. D'ici-là, j'aurai eu le temps d'user le mien!!!
Ah, j'oubliais, les heureux "Barn Raisers" ont eu droit à un CD de 11 titres en prime, intitulé... "Barn Raising". "A collection of unreleased outtakes, alternate versions, first drafts and near misses".

On y trouve en particulier des versions alternatives de 3 titres de "Delivered" ainsi que "Unconditionally", co-composé avec Lori McKenna et Ron Sexsmith (lui-même publie un nouveau disque - à ne pas manquer - cet été).

Elle est pas belle, la vie?

09:22 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : mark erelli, delivered, barn raising, signature sounds
14.05.2008
Emmylou Harris: "All I Intended To Be"
Tout ce qu'elle voulait être, c'est chanteuse...
Et elle a plutôt bien réussi, ne trouvez-vous pas???
Le 10 juin, Emmylou Harris publiera un nouveau disque "All I Intended To Be" où elle sera accompagnée par la fine fleur de la musique country et bluegrass.

2. Hold On (Jude Johnstone)
3. Moon Song (Patty Griffin)
4. Broken Man’s Lament (Mark Germino)
5. Gold (Emmylou Harris)
6. How She Could Sing the Wildwood Flower (Emmylou Harris, Kate and Anna McGarrigle)
7. All That You Have is Your Soul (Tracy Chapman)
8. Take That Ride (Emmylou Harris)
9. Old Five and Dimers Like Me (Billy Joe Shaver)
10. Kern River (Merle Haggard)
11. Not Enough (Emmylou Harris)
12. Sailing Round the Room (Emmylou Harris, Kate and Anna McGarrigle)
13. Beyond the Great Divide (J.C. Crowley and Jack Wesley Routh)
13:11 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : emmylou harris, all i intended to be
30.04.2008
SAMMY WALKER, le retour
La meilleure nouvelle (musicale) de l'année: SAMMY WALKER publie un nouveau disque, le premier depuis bien longtemps (le précédent, "Old Time Southern Dream", remonte en fait à 1994).
Une mauvaise nouvelle: il faudra attendre jusqu'au 22 juillet (au moins) pour cet album qui s'appelle "Misfit Scarecrow".
En attendant, vous pouvez écouter Sammy en vous rendant sur son "MySpace"
Voici le texte de la newletter de Ramseur Records annonçant l'évènement:
Misfit Scarecrow
Sammy Walker
We are truly honored to be releasing Misfit Scarecrow - the first album released by Sammy Walker in over twelve years. Sammy Walker was born in 1952 and grew up in Norcross, Georgia. Sammy began singing and writing original tunes at an early age while being heavily influenced by Woody Guthrie, Hank Williams and Doc Watson. He began performing these songs in coffee houses around the University of Georgia in the early 70's. In 1974, Sammy Walker sent a homemade tape of some of his songs to Sis and Gordon Friesen at Broadside, where they were well received and subsequently published. As a result of Gordon's giving a copy of the tape to Bob Fass at WBAI radio in New York City, Walker was invited to New York to appear on Fass's show. Phil Ochs heard him for the first time on this show, and the two soon met and exchanged songs and stories. Within two months, Ochs had arranged the recording of Sammy's album for Folkways, and convinced Warner Brothers to sign him for two records. Ochs produced Sammy's first album for Folkways. It was called "Song For Patty" and featured newspaper heiress Patty Hearst on the cover of the album. Sammy recorded two superb albums for Warner Bros. that were produced by legendary producer Nik Venet. Walker was managed by the late Harold Leventhal (manager of Woody Guthrie, The Weavers, Pete Seeger, etc...). Walker currently lives in the western part of North Carolina.

23:40 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : sammy walker, ramseur records
23.04.2008
Jack Williams: Don't Let Go
Dans un post précédent, relayant Hervé qui, lui-même, répondait à un souhait de Jack Williams, je vous invitais à vous intéresser à ce grand monsieur que j'avais personnellement découvert il y a quelques mois seulement.
Jack avait besoin de quelques dollars pour terminer son nouvel album sans solliciter un emprunt auprès des banques. C'était donc l'occasion de faire oeuvre utile et de se faire plaisir en même temps.
Le CD est aujourd'hui arrivé et j'ai eu l'occasion de l'entendre chez ma Sister for Ever à qui je rendais visite entre les 2 concerts de Greg Brown et Bo Ramsey, il y a une semaine. À mon retour, le précieux album, en 2 exemplaires, était dans ma boîte aux lettres.


11:57 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jack williams, don't let go, acoustic in paris
22.04.2008
Bo Ramsey, Heart of Blues
Je reviens sur les deux soirées offertes par les compères de l'Iowa, Greg Brown et Bo Ramsey (courtesy of Hervé, of course).
Aujourd'hui, c'est plus particulièrement Bo Ramsey que j'aimerais évoquer. Ce nom, bien connu des inititiés, l'est beaucoup moins dans le grand public. Nombreux sont ceux qui l'associent à Greg Brown, avec qui il a partagé de belles aventures depuis la fin des années 80.
Pour d'autres, c'est un musicien et un producteur qui a atteint la notoriété (relative, certes) avec Lucinda Williams dont il produisit "Essence" après avoir joué sur "Car Wheels on a Gravel Road".
Il n'est donc pas surprenant que beaucoup des hôtes de la Pomme d'Ève n'aient jamais vraiment entendu Robert Franklin "Bo" Ramsey avant ces soirées magiques des 15 et 16 avril. Pour ma part, quoique possédant plusieurs disque de Bo (j'ai acquis le premier en 2000), ces ceux concerts m'ont permis de réellement le découvrir.
Après l'introduction faite par Hervé, Bo est arrivé, à l'heure, se frayant tant bien que mal un passage au milieu des spectateurs-sardines amassés devant la scène. Un grand type dégingandé, armé d'un sourire bourru, vêtu d'un costume noir à fines rayures et coiffé d'un Stetson de paille. Il s'est emparé de la seule guitare acoustique présente (il y avait aussi deux guitares électriques qu'il utiliserait plus tard pour accompagner Greg), l'a branchée, accordée, triturant quelques pédales et boîtes d'effets, et commença son set.
Je ne vais pas détailler la prestation de Bo. Les deux soirées ont été semblables, quelques titres ont été interprétés deux fois, d'autres une seule. Deux prestations trop courtes compte tenu de leur qualité. Les principales différences: un public que j'ai trouvé meilleur le premier soir (sans doute parce qu'il y avait le mardi, dans le fond de la salle, quelques Américain(e)s enthousiastes et le faisant savoir, alors que le lendemain il y avait à ma proximité quelques anglophones qui semblaient faire la gueule); un pansement à la main gauche de Bo, dû à un accident à l'hôtel; un pull-over différent; et puis une fausse arrivée sur scène de notre homme qui, au moment de toucher la terre promise s'est aperçu qu'il avait oublié sa guitare et a rebroussé chemin, ce qui n'était pas une mince affaire!
Pour l'essentiel, ce fut de la pure magie. Dès les premiers instants, caressant sa guitare pour en sortir des notes invraisemblables, Mr. Ramsey créa une atmosphère à nulle autre pareille. Sa voix murmurait, paresseuse, plus qu'elle ne chantait, les voûtes du caveau, elle-mêmes, semblaient comblées, tellement l'osmose entre l'artiste, son public, et le lieu qui les hébergeait semblait parfaite.
Les cordes vibraient, le bottleneck glissait, les notes se répandaient comme des bulles de musique, le public, subjugué, retenait son souffle de peur de nuire à la féérie de l'instant.
Je ne dresserai pas la liste des titres interpétés, mais certains m'ont plus particulièrement marqué: "I Don't Know", "Burn It Down", "From Buffalo To Jericho" du dernier album "Fragile" (même si le premier - qui m'a véritablement enchanté - figurait déjà sur un enregistrement précédent), "Desert Flower", "Rollin' & Tumblin'", "Long Long Time", "555x2"... Passant d'un blues-rock parfois torride à une musique plus laid-back, Bo Ramsey a réussi 2 prestations parfaites, qui ont fini par lui arracher un sourire timide, mais sincère. Et ce n'était que le début puisque Bo devait revenir pour accompagner Greg Brown tout au long de ses prestations.
Robert Franklin Ramsey est né près du Mississippi, à Burlington, Iowa, en 1951. Très vite, il se passionne pour la musique, le blues et le rock surtout, marqué aussi bien par les maîtres de Chess Records que par les Rolling Stones. Au début des années 70, il fait partie d'un groupe, Mother Blues Band, qu'il quitte pour fonder son propre combo "Bo Ramsey & The Sliders" qui eut un succès certain quoique régional, pendant une douzaine d'années. C'est en 1989, avec l'album de Greg Brown "One Big Town", que la fructueuse collaboration entre les deux hommes débute.
Sous son propre nom, Bo Ramsey a publié 10 albums. Je ne connais pas les 5 premiers, publiés chez 3rd Street Records. Je me contente donc de les citer:
Bo Ramsey – Brand New Love (1980)
Bo Ramsey & The Sliders – Feelin's Gettin' Stonger (1983)
Bo Ramsey & The Sliders – Earthwind (1986)
Bo Ramsey – Either Way (1988)
Bo Ramsey & The Sliders – Rockinitis (1989)
En 1991 est paru "Down To Bastrop" (évoqué par Bo le 16 quand il a joué "555x2" extrait de cet album). Ce disque, que j'ai découvert il y a quelques jours (téléchargement sur http://payplay.fm) a constitué un tournant pour Bo. C'est en effet après l'avoir entendu chez un disquaire en Nouvelle-Zélande (!) que Lucinda Williams a contacté Bo Ramsey pour lui demander de jouer sur son prochain disque. Greg Brown est présent sur cet album qui comporte quelques titres marquants comme "Long Long Time", "I Never Said" ou "555x2". Le son est très blues-rock, souvent plus rock que blues d'ailleurs. Mais il démontre déjà que Bo n'est pas qu'un guitariste et un producteur, c'est aussi un songwriter de talent et un chanteur plus qu'honorable. Les influences citées plus haut sont encore très présentes.
Elle le sont encore dans l'album suivant, enregistré live en 1995 (sauf "Clap Hands" de Tom Waits, enregistré en 1994) sous le titre de "Bo Ramsey and The Backsliders". On trouve 2 reprises de Greg Brown, dans l'édition européenne du moins ("One Wrong Turn" et "Get Themselves Up"), "Shake Your Hips" (interprété par Slim Harpo ou les Rolling Stones) et une première mouture de "I Don't Know", au rythme enlevé. Le texte de cette chanson est toujours très actuel, ce qui explique sans doute pourquoi Bo Ramsey l'a reprise dans "Fragile", paru il y a quelques jours:
"Turn off the TV
Can't take it anymore
There's trash on every channel
And my time is runnin' out
I don't know
I've been playin' guitar
Way too long
I'm still playin' guitar
In 1995
I don't know"
En 1997, paraît "In The Weeds", le premier CD pour moi. Ce disque marque un tournant dans le style. À la fois moins blues et moins rock, tout en restant marqué par ces styles, l'ensemble est plus laid-back, plus paresseux, pas loin de J.J. Cale ou de Tony Joe White ou, pour ce qui est de l'aspect production, de Daniel Lanois. Le jeu de guitare s'est affiné et préfigure le Bo Ramsey entendu à la Pomme d'Ève. Les Backsliders sont là (Steve Hayes, Marty Christensen et Al Schares) ainsi que des invités plus connus: Kelly Joe Phelps et David Zollo (autre célébrité de la scène musicale de l'Iowa) et même Lucinda Williams (non créditée, elle chante sur "Desert Flower" qui lui est dédié). Des titres comme "Sidetrack Lounge" et 2 co-signatures de Greg Brown ("Ain't It Hard" et "Forget You") sont à noter, mais l'ensemble est très cohérent dans sa qualité. Cet album permet aussi à Bo Ramsey de prendre confiance en son talent de lyriciste qui s'est développé lors de son travail avec Miss Williams. Sans doute Bo nourrissait-il un complexe vis-à-vis de son ami Greg Brown, un maître en la matière.
Un silence de 9 ans s'ensuivit. Silence tout relatif puisque, pendant ce temps, Bo Ramsey a beaucoup travaillé pour et avec d'autres. Toujours est-il qu'en 2006, "Stranger Blues" est publié, co-produit par Bo Ramsey et Pieta Brown (qui joue et chante aussi sur le disque). C'est d'ailleurs une affaire de famille puisque le papa de Pieta, Greg, est là, ainsi que les 2 fils de Bo, Alex et Benson.Il y a aussi les amis, dont David Zollo et Steve Hayes. Ce disque est un "labor of love", et cela s'entend, hommage aux maîtres du blues qui ont nourri le jeune Bo. On trouve, pêle-mêle Muddy Waters, Elmore James, Howlin' Wolf, Little Walter, Willie Dixon, Elizabeth Cotten, Jimmy Reed, Sonny Boy Williamson... Et c'est une vraie réussite! Les maîtres peuvent être fiers de l'élève.
Et tout récemment est paru "Fragile". Ce CD, co-produit de nouveau avec Pieta Brown, comporte 11 titres originaux (5 composés par Bo et 6 écrits avec Pieta Brown). C'est véritablement le disque de quelqu'un qui a trouvé sa voie (et sa voix) et sa maturité artistique. L'évolution peut être mesurée à l'écoute de la nouvelle version de "I Don't Know", plus lente et étirée que la précédente. Tout est en nuances, en atmosphère, et chaque écoute de l'album permet d'en découvrir, petit à petit, toutes les subtilités.
Je ne peux pas conclure sans parler de la carrière de Bo Ramsey en dehors de son activité en solo. Comme producteur et/ou musicien, il a travaillé avec Lucinda Williams, Greg et Pieta Brown, Jeffrey Foucault, Iris DeMent, David Zollo, Dave Moore, Ben Weaver...
Étonnant, non?
15:38 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bo ramsey, greg brown, la pomme d'ève, acoustic in paris
17.04.2008
Greg & Bo: Greg Brown et Bo Ramsey, 2 soirs pour croquer la Pomme
Ils sont venus
Bo Ramsey et Greg Brown
à la Pomme d'Ève
le mardi 15 avril 2008
Greg Brown et Bo Ramsey
à la Pomme d'Ève
le mercredi 16 avril 2008
le blues, le folk
avec leurs guitares
avec "Folsom Prison Blues"
de Johnny Cash
de la Pomme d'Ève
il nous a dit "au revoir"
il nous a dit "merci"
pour tout le bonheur qu'il nous a offert!!!
THE END...
...ou presque
to be continued...
18:52 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : greg brown, bo ramsey, acoustic in paris, la pomme d'ève, blues, folk
04.03.2008
Jack Williams
Si vous voulez découvrir un artiste intéressant, tant pour les amateurs de guitare que pour ceux qui aiment les belles voix, rendez vous sur le blog d'Hervé.
Il vous emmènera dans un univers plein de musique et de chaleur humaine personnifié par Jack Williams.
Et si vous voulez en savoir plus sur ce grand Monsieur, allez visiter son website.
Vous y découvrirez beaucoup de choses, de la musique, des textes et plus encore...
Six disques de l'artiste (ainsi qu'un DVD) sont disponibles (à l'achat ou en téléchargement), tous excellents, parmi lesquels:
ETERNITY & MAIN

et
ACROSS THE WINTERLINE

Il vous sera également possible de précommander DON'T LET GO, disque à paraître au printemps, dans lequel Jack reprend 22 titres qu'il aime tout particulièrement et pour lequel il a besoin d'un financement complémentaire. Parmi les morceaux enregistrés, il y a TOMORROW IS A LONG TIME de Bob Dylan, que j'aime tout particulièrement et dont je vous ai parlé ici.
À titre indicatif, l'achat d'un CD par PayPal, compte tenu du cours du dollar, revient à peu près à 11,50€ (frais d'envois compris).
Alors, faites vous plaisir et faites une bonne œuvre en même temps. Pour ceux qui cherchent des idées de cadeau, achetez plusieurs exemplaires: voyez la liste des titres, il y en a pour (presque) tous les (bons) goûts.
15:31 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : jack williams, don't let go, acoustic in paris
26.02.2008
Jeffrey & Neil
18:39 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : jeffrey foucault, neil young, love is a rose











