24.12.2009
Top 2009
C'est la fin de l'année, tout le monde fait donc son top. Ce n'est pas vramient dans mes habitudes, mais je sacrifie à la mode, pour une fois. Pas de classement, juste 10 disques (j'en oublierai sans doute)...
Gretchen Peters "One To The Heart, One To The Head"

Indio Saravanja "The Caravan Sessions"

Donna Ulisse "Walk This Mountain Down"

Tom Russell "Blood And Candle Smoke"

Amanda Shires "West Cross Timbers"

Loudon Wainwright III "High, Wide & Handsome"

Raina Rose "End Of Endless False Starts"

Danny Schmidt "Instead The Forest Rose To Sing"

Steve Earle "Townes"

Kieran Kane "Somewhere Beyond The Roses"

Jeffrey Foucault "Shoot The Moon Right Between The Eyes"

Guy Clark "Sometimes The Song Writes You"

Slaid Cleaves "Everything You Love Will Be Taken Away"

Dave Alvin & The Guilty Women "Dave Alvin And The Guilty Women"

Il y en a plus de 10? Et alors? Le mieux n'est pas toujours l'ennemi du bien.
À vos oreilles, mes amis, et joyeux Noël à tous...
PS: merci à Jacques-Eric Legarde et Sam Pierre pour leurs chroniques Xroadsiennes...
12:50 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gretchen peters, donna ulisse, tom russell, amanda shires, indio saravanja, loudon wainwright iii, steve earle, guy clark, slaid cleaves, jeffrey foucault, raina rose, danny schmidt
03.11.2009
Elliott Murphy Alive In Paris
Paris-Laimont aller-retour
Je vous ai parlé récemment d'Elliott Murphy et de sa superbe prestation au Festival des Granges. Concert sous chapiteau de haut niveau avec un final tout en émotion, avec "Anastasia" dans une version bouleversante, avec les Normandy All Stars. Un seul regret, que ce concert n'ait pas été enregistré.
Mi-octobre, le numéro 23 de Xroads est dans ma boîte aux lettres. Come d'habitude, je feuillette fièvreusement en commençant par les chroniques, en cherchant en priorité celles de Jacques-Eric Legarde, de Sam Pierre, de Tony Grieco. Page 83, mon regard est attiré par ceci.
ELLIOTT MURPHY *****
Alive in Paris
(Last Call/Wagram)
Last american in Paris

Ainsi donc, Elliott nous fait cette belle surprise. Un CD plus un DVD (ou plutôt le contraire), enregistré un peu moins d'un an avant le Festival des Granges, le 26 septembre 2008, et dans un lieu très différent.
Voici le "nouveau" live d’Elliott Murphy. Un exercice où l’on sait qu’il excelle (je l’ai vu peut-être douze fois, c’est toujours au minimum exceptionnel !). Un concert "différent" ici (mais ils le sont tous, à la fois dans le tracklisting et dans l’interprétation), puisqu’il s’agissait, dans un lieu un peu particulier (la mairie du sixième arrondissement de Paris !), de fêter les quarante ans de scène du Murph’, à l’occasion d’une très belle exposition s’y référant.
Moi je ne l'ai vu que 4 fois (dont 2 "vrais" concerts) mais je partage l'avis énoncé ci-dessus sur la qualité démontrée par Elliott Murphy sur scène.
Le décor est planté. Paris célèbre Mr. Murphy, et ce dernier remercie sa ville d'adoption à sa (belle) manière avec ses 3 potes français. Même configuration qu'à Laimont, si ce n'est qu'Alan Fatras a délaissé sa batterie pour un cajon (caisse en bois) en guise de percussions.
L’on sent d’ailleurs le bonhomme très ému en début de show, après une présentation amusante du maire qui s’emmêle gentiment (Elliott aurait sorti… trente-neuf albums ! Ah bon ???), lorsqu’il commence par un "bonjour ma ville" ou quelque chose de similaire.
Début du concert avec "Crepuscule", titre de son dernier album "Notes From The Underground". L'univers est familier, les artistes sont heureux de jouer, le public (très différent de celui du Festival des Granges) heureux d'être là.
Ensuite, le mur de guitares acoustiques, rodé avec son fidèle compagnon Olivier Durand (meilleur à chaque prestation !), déverse son lot de petites perles.
Tout s'enchaîne, sans un temps de faiblesse, pendant 2 heures pour le DVD, un peu moins pour le CD audio.
Le CD en contient une douzaine et le DVD, chichement filmé, mais efficace (et on ne lui en demande pas plus), six de plus, dont un fiévreux « LA Woman » en premier rappel !… Pour le reste, on connaît les chansons : « Green River », « Crepuscule », « On Elvis Presley’s Birthday », « Diamonds By The Yard », « Ophelia », « You Never Know What You’re In For », « Last Of The Rock Stars », « And General Robert E. Lee » ou « Come On Louann » en ultime rappel (sur le DVD only). Cinq étoiles méritées pour ce songwriter champion toutes catégories.
Un grand Monsieur, que cet Elliott Murphy, rocker NewYorkais, poète, journaliste et écrivain, le plus Français des songwriters américains. Vous en saurez plus en vous rendant sur son site web.
Les lignes en vert sont extraites de la chronique de Chrstophe Goffette, le boss de Xroads, que je reproduis avec son autorisation.
Je le laisse d'ailleurs conclure, à la mode de chez Xroads:
À ranger entre Notes From The Underground et le Live at the Marrackech, Pontoise (!!)

Et je vous invite à vous procurer Xroads #23. Et début décembre paraîtra le Special Crossroads "100 disques essentiels 1976-1978" avec les chroniques de 2 disques d'Elliott Murphy (2 masterpieces): "Night Lights" (par Jacques-Eric Legarde) et "Just A Story From America" (par Sam Pierre).
PS: Fanny, si tu passes par là, cette chronique t'est dédiée en souvenir des excellentes soirées du mois d'août…
19:57 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : elliott murphy, xroads, festival des granges
30.09.2009
Le temps d'aimer
Dan Fogelberg - Love In Time
En janvier de l'année dernière, j'avais évoqué ici le souvenir de Dan Fogelberg qui venait d'être vaincu par un cancer de la prostate. Depuis, j'avais pu apprendre sur son site qu'il avait eu le temps de produire un dernier album avant de disparaître.
Cet album s'appelle "Love In Time" et, si vous le commandez (ce que vous ne manquerez pas de faire) à partir du site web de Dan, vous ferez par la même occasion un don pour la recherche médicale.

Cet album comporte 11 titres, dont 9 compositions originales inédites. Voici ce qu'en dit Jean, la veuve de Daniel Fogelberg:
"En 2003, alors qu'il compilait du matériel pour un CD d'enregistrements publics, Dan est tombé sur quelques maquettes brutes qu'il avait enregistrées plus tôt dans sa carrière. Il eut alors l'ispiration de les terminer et travailla sur les chansons jusque mai 2004, date où son cancer de la prostate fut diagnostiqué. En janvier et février 2006, il reprit le travail et enregistra trois nouveaux titres. En avril 2006, il compléta et séquença le CD Love In Time et me demanda de le publier après son départ. Dan nous quitta en décembre 2007 mais sa musique continue - héritage vivant de l'un des plus éclectiques et des plus talentueux parmi les musiciens, chanteurs et songwriters de sa génération".
Je ne peux que souscrire à la dernière phrase de cette citation. S'il faut véritablement chercher une référence, le seul nom qui me vient à l'esprit parmi ses contemporains est celui de Jackson Browne, dont il est proche par le style et le talent.
Pour cet album (posthume mais entièrement voulu et réalisé par l'artiste), Dan a absolument tout fait seul, voix et instruments.
Deux titres, cependant, ne sont pas de sa plume. Il y a tout d'abord "Soft Voice", écrit par Larry Hickman.
Et puis il y a surtout "Birds" de Neil Young ("for Jeanie, my own true love"), chanson d'adieu à sa bien-aimée, mais aussi à son fidèle public. Comment ne pas être bouleversé par ces vers empruntés au "Loner", les derniers de l'album?
When you see me fly away without you
Shadow on the things you know
Feathers fall around you
And show you the way to go
It's over...
It's over.
10:33 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : dan fogelberg, neil young
31.08.2009
Woodstock en Meuse
Cela se passe à Laimont, non loin de Bar le Duc, dans la Meuse. Ce département ne se contente pas d'être l'un des plus beaux de France, il présente des surprises à chacun de ses détours. Et pour ceux qui s'imaginent qu'on n'y rencontre que des cimetières, ces trois soirées (27, 28 et 29 août) du 6ème Festival des Granges constituent un joyeux démenti.
Dans un cadre verdoyant et convivial, Fanny et Pascal nous ont proposé un programme d'une grande qualité et d'une grande diversité, débutant le jeudi par la "soirée grange", dont le nom dit bien ce qu'elle est. Mais une grange avec tout le confort, et même un bar, bien utile à cette époque. Elle devrait d'ailleurs prochainement accueillir d'autres manisfestations. À suivre...
Le premier invité était Jason Hakin, songwriter canadien, très marqué par la pop anglaise (Beatles, Kinks...). Il n'a pas hésité à laisser tomber appartement et travail pour promouvoir son premier album dans son pays natal mais aussi en Angleterre ou en France. Accompagné par Clément Lucas (percussions, harmonies et scie musicale), il a donné le ton de ces trois soirées: la qualité mais aussi la connivence entre les artistes et un public conquis et chaleureux.
Ce fut ensuite le tour de Guillaume Ledoux, échappé (temporairement) de Blankass avec son compère Cédric Milard aux claviers. Une bonne surprise que ce duo qui inaugurait une nouvelle formule et craignait un peu la réaction du public. Ses textes souvent humanistes, méritaient l'écoute attentive qui leur a été accordée par les quelques privilégiés qui étaient présents. On eut même droit à une reprise de "King's Highway" de Tom Petty. Les sourires, à la fin du set, en disaient long sur la réussite de l'entreprise.
Le grand choc de la soirée a pour nom Don Ross. Ce guitariste canadien, aux allures de Nounours sympathique, nous a offert un numero hallucinant de virtuosité. Ce qu'il fait avec une guitare acoustique (et de faux ongles, qui furent l'objet d'une savoureuse anecdote, à la main droite) est impossible à imaginer. Pour ne rien gâter, il chante parfois, et bien. Et tout cela avec une gentillesse et un sens de l'humour (bilingue) qui lui ont permis de mettre tout le monde dans sa poche. Son numéro, avec une pédale wah-wah (et une guitare qui est, je le rappelle, coustique), sur le titre "Dracula and Friends, Part 1" m'a particulièrement marqué. Et chacun aurait voulu que la nuit se prolonge.
Vendredi, première soirée chapiteau. Ouverture par Coline Malice, jeune chanteuse belge (qui vit une partie du temps à Clermont-Ferrand). Accompagnée d'Antoine Quinet (claviériste reconverti pour l'occasion à la guitare), elle nous a proposé, au son de son accordéon, un spectacle tout en douceur qui aurait sans doute encore mieux trouvé sa place dans la grange où il était d'ailleurs initialement prévu.
Krystle Warren a été pour moi la seule petite déception de la soirée, expliquée peut-être en partie par la fatigue (la mienne). Cette jeune américaine de Kansas City, à l'allure androgyne , songwriter de son état, élevée à l'école du métro, et qui évolue dans un registre soul-rock, ne m'a pas emballé sur scène comme elle l'avait fait avec son album "Circles". Ni les mélodies, ni le jeu de guitare ne m'ont séduit. Le groupe (The Faculty) qui la met si bien en valeur sur l'album faisait défaut ce soir-là. Et je n'ai pas réellement aimé la reprise (en rappel) de la chanson des Beatles "Eleanor Rigby". Ce type d'exercice, difficile quand on veut s'éloigner du modèle, est peut-être réservé à des gens de la stature d'Otis Redding ou de Ray Charles. Mais, dans l'ensemble, la réaction du public a été enthousiaste. C'est donc moi, sans doute, qui n'ai pas su apprécier.
Je parlerai peu de Titi Robin est de ses deux accompagnateurs car je n'ai vu que le début de son set (la fatigue, encore, et un départ prématuré). Mais l'échantillon est prometteur. Cet artiste à part évolue dans un univers qui ne l'est pas moins, quelque part entre musique orientale et musique gitane. Titi Robin habite sa musique et mérite d'être découvert davantage. Un bel exemple de passion.
Le festival s'est terminé par un vrai feu d'artifice le samedi soir. 3 artistes, 3 grands et beaux moments.
Le premier à prendre la scène fur Amar Sundy, un nom pour moi, rien de plus. En l'espace d'une heure il a conquis tout le monde par son "blues touareg", chantant alternativement dans sa langue maternelle ou en Anglais. L'influence du blues de Chicago (où il a vécu), celle de la culture de son peuple mais aussi celle de la France, où il vit, donnent un résultat de très haut niveau. Et que dire de son interprétation de "Stormy Monday" de T-Bone Walker où son talent de guitariste a littéralement explosé? Ce n'est pas Tony, un spécialiste de la 6 cordes qui me démentira. Et les musiciens qui l'accompagnaient étaient tous au même (haut) niveau.
Sapho, qui venait ensuite, constituait pour moi une une inconnue, une inquiétude aussi. Ce soir-là, elle chantait Léo Ferré sur des rhythmes de flamenco, accompagnée d'un guitariste (Vicente Almaraz) et d'un percussionniste (Alyss). Son côté théâtral et sa présence scénique mis au service de la musique de Ferré et de textes d'Aragon, Baudelaire ou Caussimon ont trés vite mis tous les spectateurs de son côté. Elle était morte de trac en montant sur scène mais lorsqu'elle en est partie, après une double interprétation de l'éternel "Avec le temps", en Français et en Marocain (Sapho est Franco-Marocaine), son visage n'était plus que sourire. Et quel plaisir d'entendre la langue française dans ce qu'elle a de plus beau, interprétée d'une si jolie manière.
23:40 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : le festival des granges, don ross, elliott murphy, amar sundy
19.08.2009
Neal aux deux visages
On ne présente plus Neal Casal. Je vais le faire néanmoins, rapidement. Ce songwriter américain est né en 1968 dans le New Jersey. Très tôt, il baigne dans la musique et la découverte des Rolling Stones va provoquer en lui une fascination pour la musique rock.
Pendant ses jeunes années, il voyage beaucoup avec sa famille, déménageant aux quatre coins des USA, ce qui lui permet de découvrir les grands espaces qui seront une autre influence majeure pour sa musique.
À l'occasion de la sortie de "Basement Dreams", en 1998, il sera présenté comme quelqu'un qui se situe entre Gram Parsons et les Rolling Stones. Il a produit en tout une dizaine d'albums en solo, deux en duo (avec Kenny Roby puis avec Shannon McNally) et deux avec son groupe rock-blues Hazy Malaze. Paralléllement, il joue aussi les sidemen de luxe ne qualité de guitariste au sein des Cardinals de Ryan Adams.
2009 est une année importante pour Neal qui revient tout d'abord avec un album solo, "Roots & Wings" qui, comme son nom l'indique est son album le plus "roots" depuis longtemps. Il est aussi le plus inspiré depuis "Basement Dreams". C'est un album acoustique qui a bénéficié d'une chronique 4 étoiles de la part de Sam Pierre pour Xroads #17.

Un échantillon de cet excellent album? Je vous propose "Keep The Peace".
En cet été, c'est le retour de Hazy Malaze, trio composé de Neal Casal (guitars, Wurlizer & lead vocals), Dan Fadel (drums, percussions & vocals) et Jeff Hill (bass guitar & vocals).
Je n'ai pas encore écouté cet album, "Connections", publié comme les précédents par l'excellent label français Fargo Records. Il est de toute évidence beaucoup plus électrique! Vous pouvez en avoir une idée en vous rendant sur le site MySpace du groupe (il suffit de cliquer sur le titre ci-dessus).
l paraît sous forme de "Limited Edition LP Gatefold" (c'est à dire un 33 tours avec une pochette qui s'ouvre) et contient, en guise de bonus, un CD de l'album entier (soit 10 titres).

Un futur collector, sans doute, d'autant que son format ne le prédestine pas à surabonder dans les rayons des différents supermarchés de la musique (notez qu'il est vendu pour la modique somme de 18,00€, frais d'envois compris, sur le site Fargo Store).
10:21 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : neal casal, hazy malaze, fargo records
11.06.2009
Hors de danger
Jan Baez - Gone From Danger
Le 5 juin dernier, a eu lieu au cinéma Jean Vigo de Gennevilliers, un remarquable concert de Richard Shindell. Je vous en parlerai prochainement. Au cours de sa prestation, Richard a interprété "Reunion Hill", une chanson écrite en 1997 pour Joan Baez (et pour son propre album éponyme).
C'est l'occasion pour moi de parler de l'album de Joan Baez "Gone From Danger" qui, en plus de "Reunion Hill" comporte 2 autres titres de Mr. Shindell: "Fishing" (extrait de l'album "Blue Divide" de 1994 et "Money For Floods" (qui figure aussi sur "Reunion Hill", l'album). Il est à noter qu'une autre ex-invitée de la Pomme d'Ève, Dar Williams, figure au générique avec 2 titres ("February", sur lequel Dar fait une apparition vocale, et "If I Wrote You"). C'est d'ailleurs par l'entremise de Dar que Joan entra en contact avec Richard. Sont également à l'honneur Sinéad Lohan ("No Mermaid" et "Who Do You Think I Am"), Betty Elders ("Crack In The Mirror") et Mark Addison ("Mercy Bound"). Un seul titre, "Lily", est (co-)composé par Joan.
Je ne suis pas un fan inconditionnel de Joan Baez dont les prouesses vocales souvent superflues m'ont un peu énervé dans le passé mais, s'il est une chose sur laquelle on ne peut qu'être d'accord, c'est la pertinence ds ses choix pour ce qui est des songwriters dont elle a repris les œuvres. Depuis Bob Dylan, la liste est longue, et de qualité.
"Gone From Danger" a ceci de particulier qu'il est le premier album de Joan à ne mettre en vedette que des artistes quasiment inconnus à lépoque de sa parution (23 septembre 1997). Pas de grands noms, pas de tubes, mais un bien bel album avec un impressionnant casting de musiciens et de chanteurs.
Hélas, le label (Guardian) sur lequel le disque fut publié à l'origine connut quelques déboires, Joan se retouva sans compagnie discographique (son disque suivant, "Dark Chords On A Big Guitar" ne parut qu'en 2003) et le CD ne fréquenta les rayons des marchands de musique que de façon éphémère.
Heureusement, Proper Records (au Royaume Uni et en distribution européenne) eut la bonne idée de souffler sur la poussière et de ressortir l'objet, plus de 11 ans plus tard. Et quel objet! Il s'agit d'une "Collectors Edition", un double CD. Bien sûr, de telles rééditions sont souvent discutables et j'en suis pas non plus un fan inconditionnel. Trop de ces publications sont remplies jusqu'à l'écœurement de titres qui n 'eussent point mérité de sortir de l'oubli.

Pour "Gone From Danger", ce n'est pas le cas. Le premier disque est la réédition du CD originel, ni plus, ni moins (remasterisé quand même, ce qui ne gâte rien). Le deuxième CD est constitué de la prestation de Joan pour Mountain Stage, à Charleston, West Virginia, le 11 août 1997, soit plus d'un mois avant la parution de l'album dont l'enregistrement venait de se terminer.
La veille, Joan, en guise de tour de chauffe, s'était produite au festival folk de Newport qui l'avait révélée en 1959 et où elle n'était pas apparue depuis 1981. Le moins que l'on puisse dire, après avoir écouté ce dique bonus, c'est que la performance ne souffre pas du manque de répétitions.
Huit des 10 titres de "Gone From Danger" sont interpétés (seuls manquent "Lily" et "Mercy Bound"). Joan (voix et guitare) est accompagnée de Kenny Greenberg (guitare), Mark Peterson (basse) et Carol Steele (percussion). Mais le vrai bonus de ce bonus, c'est la présence de Richard Shindell, Sinéad Lohan, Betty Elders et Dar Williams sur leur propres compositions (à l'exception de "February", chanté par Joan seule avec sa guitare, en ouverture du concert).
Les trois autres titres de cette remarquable performance sont "Long Bed From Kenya" (de et avec Betty Elders - et avec son mari Gene Elders au violon), "You're Aging Well", le bien titré (de et avec Dar Williams) et "To Ramona" (de Bob Dylan, avec Sinéad Lohan).
Un disque à s'offrir (ou se faire offrir), assurément...
16:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : joan baez, richard shindell, dar williams
15.05.2009
Jeffrey Again
Jeffrey Foucault à Gennevilliers
Un peu plus d'un an après son dernier passage (http://blueumbrella.hautetfort.com/archive/2008/02/23/jos...), Jeffrey Foucault, cet Américain au nom si français était de retour en région parisienne en ce mardi 12 mai. Plus de Pomme d'Ève, plus d'Acoustic in Paris cette fois. Le décor était le cinéma Jean Vigo à Gennevilliers. Depuis la mise en sommeil (qui semble hélas définitive) de l'association fondée par Hervé, Jacques Déniel a souhaité reprendre le flambeau et a déjà proposé quelques affiches intéressantes (pour information, le prochain invité sera Richard Shindell, le 5 juin prochain).
Le concept est original puisqu'avant le concert, il est possible d'assister à la projection d'un film et de participer à un buffet préparé par "Mon Oncle" dans une ambiance d'une grande convivialité.
Premier point positif: il est très facile de se garer aux abords du cinéma situé dans un quartier très agréable (et un grand merci au GPS qui m'a permis d'arriver les yeux presque fermés mais sans lequel je chercherais peut-être encore!). Il faisait beau et l'attente permit de retrouver quelques visages connus et sympathiques: Alain, Claude, Tony, Joël, Patrick... en attendant les autres.
La projection de ce 12 mai était "Red, White & Blues" de Mike Figgis, film de la série des 7 films sur le thème du blues produits par Martin Scorcese. Ce documentaire est consacré au mouvement parti d'Angleterre dans les années 60 et met en scène Van Morrison, Tom Jones, Jeff Beck, Steve Winwood, Eric Clapton, Albert Lee, Chris Farlowe, Peter Green, Mick Fleetwood, Lonnie Donnegan, Chris Barber, Georgie Fame, Eric Burdon et, bien sûr, John Mayall. Des images d'archives et des interviews démontrent l'importance que ce mouvement a eue pour la reconnaissance aux USA des artistes noirs. Et le dernier survivant parmi les grands bluesmen, B.B. King, n'est pas le dernier à affirmer le rôle primordial joué par le British Blues qui a ouvert les portes à nombre d'artistes aujourd'hui légendaires.
Ce fut ensuite l'heure du buffet, les retrouvailles avec d'autres habitués de la Pomme (Charlie, Eric...). Jeffrey était là, attablé, occasion de faire connaissance et d'échanger quelques phrases entre 2 bouchées. Il ne manquait qu'Hervé (qui avait accueilli Jeffrey la veille), quelque peu bloqué sur le périphérique...
Puis vint l'heure du concert, un peu retardée pour permettre aux Parisiens imprévoyants de ne rien manquer. Rien à voir avec la Pomme d'Ève. Le confort est évidemment supérieur et personne, même grand, n'a de problème pour caser ses jambes. La scène est un peu plus loin du premier rang et surtout plus haute par rapport au public que dans le caveau parisien (Jeffey a d'ailleurs dit que c'était la première fois qu'il jouait "si haut" - ce qui semblait d'ailleurs lui procurer un certain plaisir). L'ambiance y est aussi un peu plus feutrée.
Jeffrey Foucault, armé de sa guitare, en veste et chemise à carreaux, attaqua le concert. Un premier morceau (que je n'ai pas reconnu), suffit à démontrer que l'homme était en forme. Puis vint le tour d'un bouquet de titres de John Prine avec en premier lieu "The Late John Garfield Blues". Ce titre ouvre l'album "Shoot The Moon Right Between The Eyes" (belle phrase extraite de "Clocks and Spoons") dernière publication de Mr. Foucault, entièrement consacrée aux compositions de mon songwriter favori qui, je le rappelle pour mes nouveaux lecteurs, a écrit "Quiet Man" et "Blue Umbrella". Ce dernier titre, précisément, ne figure pas sur l'album et pourtant Jeffrey l'avait enregistré (voir l'excellente inerview de Jacques-Eric Legarde et Sam Pierre dans Xroads #18). Et Jeffrey l'a chanté ce soir-là, comme pour me faire plaisir (il n'en était rien, évidemment, mais je l'en ai quand même remercié à la pause).
Le premier set passa vite (malgré le temps consacré à désaccorder et réaccorder la guitare) et ce fut le break qui permit à Jeffrey de se ruer sur une cigarette et à nous de prendre quelques photos (dont celle de Jeffrey avec son fan-club d'adolescents - dans la tête) et l'air qui était très doux, mais aussi de converser avec l'artiste qui apprécie véritablement ces contacts.
Retour sur scène (ou dans les fauteuils), et toujours la même magie offerte par ce songwriter de premier plan qui se révèle aussi un interprète plus que talentueux sachant donner à chacune de ses reprises une identité nouvelle, avec son jeu de guitare à la fois fluide et dynamique et sa voix marquée par le blues.
Je ne dresserai pas la liste des titres interprétés, que je n'ai d'ailleurs pas tous identifiés. À mon grand ravissement, je préciserai quand même que Jeffrey a chanté (avant l'ultime "encore") 7 (sept) compositions de John Prine dont 2 ne figurant pas sur "Shoot The Moon": "Blue Umbrella" et "Six O'Clock News", ainsi que "The Late John Garfield Blues", "Daddy's Little Pumpkin" (avec bottleneck), "Billy The Bum", "Mexican Home" et "Hello In There". Ce dernier titre fut d'ailleurs pour Jeffrey l'occasion de rendre un hommage à Hervé, en forme de clin d'œil puisqu'il modifia ainsi le texte: en lieu et place de "someday I go out and call up Rudy, we worked together at the factory", il chanta "someday I go out and call up Hervé, we worked together at la Pomme d'Ève (merci à Eric pour son oreille attentive).
Il y a aussi eu "If I Had My Way", un traditionnel que Ken Foucault (Jeffrey's Dad) jouait pour son fils quand il était jeune (que Greg Brown avait aussi chanté à la Pomme d'Ève, moment pour moi inoubliable). Bien sûr, Jeff n'oublia pas ses propres compositions: "City Flower" (réclamé par la salle), "Mesa, Azizona", "Ghost Repeater", "Americans In Corduroy", "I'm Alright", "Train To Jackson", "Miles From The Lightning (A Song For Townes Van Zandt)", "Crossiing Mississippi", "Cross Of Flowers"... Et je n'oublierai pas Neil Young, mis à l'honneur lors du premier rappel avec "Campaigner" et sa fameuse phrase "even Richard Nixon has got soul...".
Puis Jeffrey s'assit au bord de la scène (à laquelle il accédait par un escabeau) et demanda quel dernier titre nous voulions qu'il joue. J'eus la chance de me faire entendre: "Clocks And Spoons, that's a good idea...". Ce fut donc ce morceau, le huitième de John Prine, au texte prédestiné ("What a way to end a day by turnin' out the light...") et au rythme joyeux qui sonna l'heure de la séparation non sans que échangeâmes les derniers mots de l'amitié avec l'artiste et les invités.
Sacrée soirée, Mr. Foucault... see you soon!
(merci à Alain pour les deux premières photos)
10:43 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : jeffrey foucault, ciné vigo, gennevilliers, john prine
05.05.2009
Songs for Laura
Laura Purusha n'était pas une star. C'était la mère de Forest Sun (ce n'est pas un pseudonyme, il s'appelle Forest Sun Schumacher), chanteur, peintre, poète et plus que cela encore. Vous en saurez plus sur lui en vous rendant sur son site web ou sur son myspace. Sachez cependant que tout ce qu'il fait, il le fait avec talent.
Laura est décédée, des suites d'un cancer, entourée des siens, le 17 février 2008, deux ans plus tard ce que le pronostic des médecins prévoyait.
Forest avait décidé de demander à des amis et artistes de donner chancun une chanson afin de réaliser un CD destiné à aider le financement de la recherche contre le cancer. Le succès fut tel que deux disques ont déjà été publiés et qu'un troisième est en préparation. On peut trouver les deux premiers volumes, publiés sur le label de Forest, Painted Sun Records, chez CD Baby.
Voici ce qu'écrivait Forest au moment de la sortie du volume 1, l'année dernière.
"Laura left her body Feb 17th… two years later than the doctors said she had to live. She died at home as she requested. Dressed in her finest garments and jewelry, holding her lovers hand as she took her last breath. My brother and I got to spend a week with her in the hospital and say goodbye. She couldn't speak but I know she could hear. I brought my guitar and we sang her favorite songs. I played her the Songs for Laura CD everyday. She is a courageous and beautiful and powerful being... and she will be missed.
Songs for Laura is available at http://cdbaby.com/cd/songsforlaura
I am immensely grateful to the nineteen artists who donated songs to help raise funds for cancer treatment - Sean Hayes, ALO, Brett Dennen, Shane Alexander, Matt The Electrician, Beth Waters, Tom Freund, Danny Schmidt, AJ Roach, Anais Mitchell, Alex Goldfarb, Devon Sproule, Paul Curreri, Gavin Glass, Four Year Bender, The Mammals, Elam Blackman and Libby Kirkpatrick.
It's a wonderful compilation that I know you will love and all the proceeds go to a worthy cause. My gratitude also for everyone's love and support in the last few years as my mom fought on.
There were so many great musicians willing to give their music for this project that there will be more Volumes to follow. There will be concerts with the artists involved this year as well... I'll let you know. thank you for your care".
Forest
Indépendamment de la cause défendue, qui est noble, ces compilations permettent de découvrir un certain nombre d'artistes, tous plus intéressants et talentueux les uns que les autres. Quelques-uns ont été présentés sur ce blog, d'autres (parfois les mêmes) ont été les invités d'Acoustic in Paris, beaucoup ont vu leurs disques chroniqués par Xroads, mais tous méritent d'être entendus.
Voici le détail des ces deux superbes albums:
Songs For Laura Volume One
"Flowering Spade" Sean Hayes
"Maria" Animal Liberation Orchestra (ALO)
"When I Go" Brett Dennen
"Be Kind To You" Forest Sun
"Spaces In Between" Shane Alexander
"Happy Ending" Matt The Electrician
"Forms Of The Truth" Beth Waters
"Collapsable Plans" Tom Freund (w/Brett Dennen)
"This Too Shall Pass" Danny Schmidt
"Devil May Dance" AJ Roach
"Mockingbird" Anais Mitchell
"Be Water" Alex Goldfarb
"The Weeping Willow" Devon Sproule
"A Song On Robbing" Paul Curreri
"Ragdoll" Gavin Glass And The Holy Shakers
"Southern Smile" Four Year Bender
"Haircut Money" The Mammals
"It's Okay To Be Alone" Elam Blackman
"Jenny's Eyes" Libby Kirkpatrick

Songs For Laura Volume Two
"Nightsong" Heather & The Barbarians
"Lonely Spires" Rachel Ries
"Teresa" Peter Bradley Adams
"Warrior" Larkin Gayl
"Harbor Saints" Michael Zapruder's Rain Of Frogs
"Slow" Alexis Harte
"Sleep Late" Quincy Coleman
"Strangers" Kris Delmhorst
"It's So Hard To Let Go" The Blank Tapes
"The River" Samantha Crain
"Houston" The Bittersweets
"Take Me In Your Arms" Jesse Aycock
"Blackwing Butterfly" Noelle Hampton
"Soul Parade" Jesse DeNatale
"Sweet Girl" Will Conner
"Dancer" Jared Tyler
"Leave My Man Alone" Clare Muldaur
"Goodbye Blues" Easton Stagger Phillips
"Gospel Song" Carrie Elkin
"Cup Of Codeine" JT And The Clouds
"Mehitabel's Blues" Jolie Holland
"All The Pretty Girls Leave Town" Tim Easton

08:18 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : forest sun, painted sun records, songs for laura
30.04.2009
Jackson Browne à l'Olympia
Lundi 27 avril 2009, Jackson Browne met le feu à l'Olympia
Jackson Browne, pour moi, c'est une longue histoire. La première fois que j'ai vu son nom c'était en 1971 sur l'album "Byrdmaniax" des Byrds qui interprétaient son "Jamaica Say You Will". Mais dès 1967 ses compositions avaient été au générique de disques de Nico ("These Days") ou du groupe Nitty Gritty Dirt Band dont il fit brièvement partie.
En 1972, l'excellent Jean-Bernard Hebey, un soir sur RTL, nous fit entendre un jeune singer-songwriter qu'il appelait Jackson Brownie, avec le titre "Rock Me On The Water". Le choc fut immédiat (et durable). À la même époque, il nous fit aussi découvrir "Take It Easy" du groupe Eagles, co-composé par Jackson Browne et Glenn Frey. C'était le début de l'histoire du label Asylum. Inutile de préciser que dès que je pus découvrir le premier album de Jackson - sans titre, même si on l'appelle parfois "Saturate Before Using" - j'en fis l'acquisition (c'était le mardi 26 septembre 1972 chez Dupont-Metzner à Nancy et, bien sûr, Eagles faisait partie du lot ce même jour).
Il y eut ensuite "For Everyman", "Late For The Sky", "The Pretender", "Running On Empty", tous indispensables, et bien d'autres encore jusqu'à "Time The Conqueror" publié en 2008.
En ce lundi soir, Jackson Browne foulait pour la première fois la scène de l'Olympia, à Paris. C'était aussi la première fois que je m'installais dans un des légendaires fauteuils rouges du boulevard des Capucines. Le "Time The Conqueror Tour", entamé en septembre, faisait là sa seule étape française avant de migrer vers les Pays-Bas, la Scandinavie et le reste de l'Europe, puis de rentrer au pays à partir de juillet.
Autour de Jackson, toute l'équipe du disque: Mark Goldenberg aux guitares, Jeff Young aux claviers et aux vocaux, Kevin McCormick à la basse et Mauricio Lewak à la batterie et aux percussions. Et puis les deux choristes aux intonations gospel, la grande et svelte Chavonne Morris et la petite Alethea Mills.
À l'heure prévue (20h05 en fait, le temps de vider le bar et de remplir la salle), un projecteur guida Jackson au milieu de la scène, vite suivi de son groupe. Et à ce moment-là, j'ai eu la sensation que le temps s'était arrêté. La même silhouette qu'en 1972, la même coupe de cheveux (toujours bruns) que celle qui ornait la pochette du premier 33 tours. La barbichette blanche de la photo qui illustre "Time The Conqueror" avait disparu. En revanche, dès les premières notes, on sut que la soirée serait très électrique.
Ce fut d'abord "On TheBoulevard" extrait de "Hold Out", puis "Everywhere I Go" de "I'm Alive", et sa rhythmique joyeusement reggae, et "The Barricades Of Heaven" ("Looking East"). On était loin de l'ambiance feutrée des premiers albums ou des concerts acoustiques avec David Lindley. Les guitares étaient électriques, Mauricio tapait fort, les choristes gospellisaient à cordes vocales déployées, l'orgue Hammond B3 enveloppait le tout de nappes sonores harmonieuses. Mais la qualité des compositions était là, démontrant que l'orchestration n'était finalement que secondaire. Et Jackson de dire sa joie d'être là, de nous redire à quel point chanter à l'Olympia était un rêve pour lui. Pour moi aussi , c'était un rêve (que je n'avais même pas osé rêver) qui s'accomplissait. Il passa alors de la guitare au piano électrique, au milieu de la scène, pour un de ses meilleurs titres, un de mes favoris en tout cas, "Fountain Of Sorrow". À en juger des réactions de la salle, la partie était déjà gagnée.
C'était donc pour la bande de musiciens le moment de faire ce pour quoi ils étaient venus, présenter les titres du nouvel album: "Time The Conqueror", "Off The Wonderland", "Live Nude Cabaret", "Giving That Heaven Away".
La première partie se termina par un medley de plus de dix minutes, avec JB au piano: "Doctor My Eyes" (de l'album de 1972) et "About My Imagination" ("The Naked Ride Home") permettant à chacun (aux deux singing demoiselles en particulier) de se donner à fond. Puis ce fut la pause, pour un quart d'heure.
Réflexions sur cette première partie: on a eu droit à un vrai show de professionnels, un groupe efficace, un spectacle bien rôdé, laissant au gré de certains trop peu de place à la fantaisie. Cela était le choix initial de Jackson pour cette tournée: il avait décidé de "travailler" avec une set-list, ce qui n'est pas dans ses habitudes, avec peu de variantes d'un soir à l'autre. Certains auraient par ailleurs préféré un show acoustique, sans doute, mais personne ne boudait son plaisir.
Le break fut l'occasion de retrouver, un an après les derniers concerts officiels d'Acoustic in Paris (Greg Brown & Bo Ramsey), les habitués de la Pomme d'Ève: Hervé, Claude, Charlie, Eric, Patrick, Jacques... de faire quelques connaissances (Tony...) avant que le bar ne se vide à nouveau ce qui permit à chacun de vérifier que le principe des vases communiquants s'applique aussi à l'Olympia.
21h30. Jackson s'installe sur le devant de la scène pour un autre grand moment: "Something Fine", retour au premier album, suivi d'un "Don't You Want To Be There" extrait de "The Naked Ride Home".
C'est alors que, par la grâce de quelques notes de guitare, l'ambiance qui était déjà remarquable (le plaisir d'être là était palpable, aussi bien sur scène que dans la salle) évolua vers quelque chose de magique: "These Days", le morceau phare de "For Everyman", l'un des sommets de la carrière de Jackson et son titre le plus repris allait définitivement faire basculer 2000 personnes dans le bonheur! Et la suite du concert allait être sur le même ton. Le professionnalisme se débridait, sans rien perdre de sa qualité technique.
Ce fut d'abord "Lives In The Balance", de l'album éponyme. Il y eut ensuite un nouveau titre, "Going Down To Cuba", occasion pour Jackson d'évoquer à demi-mot l'évolution de la diplomatie américaine, et pour Mauricio Lewak de s'asseoir sur une espèce de caisse sur laquelle il assura les percussions. "Just Say Yeah", du même "Time The Conqueror", suivit, sans que l'ambiance ne retombe.
Jackson, au piano, annonça ensuite une chanson "on request", qui avait été un succès en France, mais dont il ne connaissait pas les paroles françaises. C'était bien sûr "Rosie", de "Running On Empty", popularisée par Francis Cabrel. Il faut noter à ce sujet que ce fut la première adaptation sur disque studio de notre troubadour d'Astafort (par la suite il y eut aussi Otis Redding et Bob Dylan ainsi que, plus tôt, James Taylor, mais en concert seulement pour ce dernier. Cela suffit à dire en quelle estime le bon Francis tient notre invité de ce ce lundi). Ce titre (apparemment pas dans la set-list habituelle de la tournée, fut l'occasion d'une petite chorégraphie. Jackson était seul sur la scène, sous son projecteur, ses quatre musiciens apparaissant de temps en temps, pour assurer leur partie en contre-chant. Ce titre, un pur moment de plaisir partagé, marqua par ailleurs un retour définitif aux albums des seventies (à l'exception d'un titre en rappel).
"Late For The Sky", de l'album du même nom, "Your Bright Baby Blues" et "The Pretender" (tous deux de "The Pretender") et "Running On Empty" (dont je n'ai pas besoin de vous préciser l'origine) s'enchainèrent sans temps mort. Je ne sais plus à quel moment les gens se sont levés, ont commencé à s'avancer vers la scène, mais plus personne n'avait envie de rester statique. Et, sur scène, les musiciens et vocalistes étaient intenables.
Vint alors le moment de quittter, provisoirement, la scène. Puis le premier "encore", "I Am A Patriot", extrait de "World In Motion" paru en 1989. Ce titre, au rythme joyeux (une composition de Little Steven, aka Miami Steve Van Zandt, ainsi qu'Hervé le rappelle en commentaire) n'a sans doute plus le même goût dans la bouche du chanteur qu'à l'époque où il a été écrit ni même qu'il y a seulement quelques mois, au début de la tournée. Jackson Browne, cet infatigable militant des droits de l'homme, de la paix et de l'écologie est enfin redevenu fier d'être Américain. Et le public de partager bruyamment son bonheur.
La fin, déjà? Les concerts passés se sont souvent terminés sur ce titre. Mais, malgré l'heure tardive (près de 23h00), nous en voulions encore et le faisions savoir. Et les sept artistes revinrent pour un final d'enfer, parfaitement de circonstance, le medley extrait de "Running On Empty": "The Load-Out / Stay". L'ambiance était joyeusement indescriptible. Et chacun, sur scène, autour de Jackson, se fit le plaisir qui d'une apparition vocale, qui d'un solo instrumental. Et dans la salle, le public eut son moment, chantant à l'invitation de Jackson "please please stay, stay a little bit longer...". Le public, dans ce domaine, a encore des progrès à faire! (Promis, je vais répéter pour la prochaine fois). Mais pour ce qui est de l'ambiance, du plaisir qu'il a pu renvoyer aux artistes, il était au top niveau.
Ce fut alors la séparation, à l'amiable, chacun des spectateurs étant conscient du fait que Jackson avait donné tout ce qu'il pouvait. "I really enjoyed tonight, thank you for coming", nous réaffirma-t-il, la main sur le cœur. Et ce n'était pas qu'une formule de circonstance.
Le boulevard, la pluie, le métro. Et ce "Stay" qui restait dans la tête, avec une partie vocale de Chavonne Morris - en lieu et place de David Lindley dans la version connue - qui en dit long sur les possibilités de la demoiselle. Et Jeff Young, le keyboardman, n'est pas mal non plus dans ce domaine. La rythmique sobre et efficace assurée par MM. Lewak et McCormick est sans faille. Et le jeu de guitare de Mark Goldenberg est tout aussi remarquable. Note à ce sujet: il a assuré beaucoup de partie en slide, comme le faisait autrefois le génial David Lindley. Pas de comparaison entre les deux, chacun a un style bien différent. Mais cela démontre à quel point les mélodies (et la façon de chanter de Jackson aussi) induisent l'utilisation de cette technique. Les phrases mélodiques longues, le phrasé un peu "traînant", s'y prêtent particulièrement. La technique était au niveau, et l'acoustique parfaite.
Et Jackson? Je l'ai écrit, il n'a pas changé. Ni d'apparence (de près peut-être), ni de voix, même si cette dernière ne va pas facilement taquiner les notes les plus hautes, ce qui n'a jamais été son souci. Quant à ses compositions, pour ceux qui l'ignoreraient encore, c'est un des songwriters les plus doués de ces cinquante dernières années et aucun des titres de ce soir magique n'a pris la moindre ride.
Vers 2h00 du matin, sur RTL, Georges Lang clamait son bonheur d'avoir assisté à l'évènement (C'est Zia Forêt qui me l'a dit; moi, je dormais) et faisait entendre Jackson à ses nocturnes auditeurs.
Maintenant, une seule chose à faire: écouter l'intégralité de sa discographie, ou se la procurer d'urgence... en commençant par les cinq premiers albums!
11:47 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : jackson browne, olympia
09.04.2009
Dan Frechette

Très vite, il s'est mis à noircir des cahiers de chansons, intégrant les influences de Bob Dylan ou des Beatles. "Desolation Row", extrait de "Blonde On Blonde", est en particulier un titre qui l'a marqué à vie. Ce fut ensuite la découverte de Neil Young, Woody Guthrie, Bruce Springsteen, Tom Petty.
À ce jour, Dan a écrit plus de 1300 chansons, a été songwriter à temps plein pour EMI dans son pays, a constitué son groupe (Motel 75), a trainé sa vieille guitare et son ampli en Californie et en Europe et, enfin, a publié 3 albums.
Le premier, "Lucky Day", date de 2005. Dan y est accompagné de quelques amis, dont 3 membres des Duhks, groupe roots canadien de talent.

Pour le deuxième, "A Quick Walk With Me", paru en 2007,

comme pour le troisième, "Hitting The Hard Road Straight", publié en 2008,

Dan Frechette joue de tous les instruments. Bien sûr, il a composé la totalité des titres de ses 3 albums.
Pour mieux le découvrir, vous pouvez vous rendre ici.
Je suis littéralement abasourdi par la richesse de la scène canadienne actuelle. Dan Frechette en est certainement un des plus beaux fleurons.
Tous ses disques sont disponibles chez CD Baby.
11:12 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : dan frechette












