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  • Les mouquetaires du folk, 40 ans après

    Que sont mes amis devenus / Que j'avais de si près tenus / Et tant aimés / Ils ont été trop clairsemés / Le vent je crois les a ôtés / L'amour est morte (Rutebeuf)

    La renaissance du folk américain au cours des années 60, dans le sillage de Robert Zimmermann, a vu l'émergence d'un grand nombre d'artistes se réclamant de ce grand mouvement, souvent protestataire. Greenwich Village et ses nombreux clubs, ses concerts de rue, fut l'épicentre de ce séisme musical. Certains des folksingers sont encore là, d'autres sont tombés dans l'anonymat et trop nombreux sont ceux qui nous ont quittés prématurément, victimes du fait qu'ils avaient trop "mal aux autres".

    L'un des survivants, toujours actif et gaillard bien qu'ayant dépassé le cap de la soixantaine, est ERIC ANDERSEN qui se produira, je le rappelle, le 12 juillet prochain en notre caveau parisien préféré.

    Eric a écrit et interprété quelques titres qui ont marqué leur époque, il a aussi cotoyé tous ces artistes qu'il ne veut pas voir sombrer dans l'oubli. Il avait interprété dans son précédent album studio un titre-fleuve, "Beat Avenue" qui est un véritable reportage sur cette époque révolue.

    Il a souhaité aller plus loin en publiant 2 albums de reprises de ses compagnons d'armes des sixties sous le titre générique de "Great American Song Series".

    fe356d2c78b2e7404c7352493ad35928.jpgLe volume 1, "The Street Was Always There" est paru en 2004. En plus de 2 de ses propres compositions ("Waves Of Freedom" et "The Street Was Always There") réenregistrées pour l'occasion, Mr. Andersen met à l'honneur Fred Neil (l'auteur de "Everybody's Talking") avec "Little Bit Of Rain" et "The Other Side Of Life"; David Blue avec "These 23 Days In September" (l'album du même nom vient d'être réédité par Wounded Bird Records ainsi que "Me, S. David Cohen"); Buffy Sainte-Marie et "Universal Soldier"; Peter LaFarge (dont on connaît surtout "The Ballad Of Ira Hayes") avec "Johnny Half-Breed"; Phil Ochs pour "I Ain't Marching Anymore" et "White Boots Marching In A Yellow Land"; Paul Siebel et sa "Louise"; Tim Hardin (dont chacun connaît "If I Were A Carpenter" ou "Hang On To A Dream") avec "Misty Roses"; Patrick Sky et "Many A Mile"; et, bien sûr, Maître Bob Dylan est à l'honneur avec "A Hard Rain's A-Gonna Fall". On peut remarquer que les Indiens, trop souvent oubliés, sont ici bien présents avec Patrick Sky, Buffy Sainte-Marie et Peter LaFarge. Force est de noter que les survivants sont rares et, si l'on excepte Dylan et Andersen, les autres sont soit quasiment retirés des affaires (Patrick Sky et Paul Siebel), soit loin des sentiers de la gloire (Buffy Sainte-Marie). Quelques invités sont là comme Patrick Sky à la cornemuse, John Sebastian à l'harmonica, Happy Traum à la guitare ou - plus surprenant - Wyclef Jean qui vient prêter sa voix.

    52073b565e0fef16ef444ba5d349a477.jpgLe volume 2, "Waves", a été publié en 2005. Le principe est le même, 3 titres du maître de cérémonie ("Today Is The Highway", "Hymn Of Waves" et "Thirsty Boots") et quelques reprises. Bob Dylan ("John Brown"), Fred Neil ("I've Got A Secret") et Phil Ochs ("Changes") sont encore là pour cette seconde fournée. On rencontre encore 2 grands disparus: Tim Buckley ("Once I Was") et Richard Fariña (avec le sublime "Bold Marauder"). Et puis, quand même, quelques (sur)vivants: Lou Reed ("Pale Blue Eyes" du Velvet Underground), Tom Paxton ("Ramblin' Boy"), Happy Traum ("Golden Bird"), Tom Rush ("On The Road Again") et John Sebastian avec "Coconut Grove". Le choix est plus éclectique et, parmi les invités, on croise sur "Thirsty Boots" Judy Collins, Arlo Guthrie et Tom Rush.

    Ces deux disques sont l'œuvre d'un fan respectueux doublé d'un ami, pas celle d'un simple archiviste. Voici ce qu'Eric écrivait dans les notes du livret de "The Street Was Always There": "Mon but ici est de chanter les artistes que j'ai connus et mon désir est que cet enregistrement les conserve aussi frais et nouveaux que lorsque je les ai entendus pour la première fois dans les rues et les clubs du Village. Nous avons pu perdre les personnes avec le temps mais nous n'avons jamais perdu la musique et j'espère que nous avons pu faire passer la signification et le feeling qu'il était dans l'intention des auteurs et chanteurs de transmettre".

    Pari gagné, monsieur Andersen...

    Eric Andersen vient de publier un album "Blue Rain - Live", enregistré en public au pays de ses ancêtres, la Norvège, en 2006, accompagné de musiciens du cru. Cet enregistrement met en valeur l'aspect blues qui a toujours été une des sources d'inspiration principales des folksingers des sixties.

    Pauvres sens et pauvre mémoire / M'a Dieu donné le roi de gloire / Et pauvres rentes / ... / Ce sont amis que vent emporte / Et il ventait devant ma porte / Les emporta / L'espérance de lendemain / Ce sont mes fêtes

  • Consensus sur le Pré

    The Special Consensus

    Dans le cadre du Festival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs organisé chaque été à Châlons en Champagne, chacun peut trouver son bonheur tant la programmation est éclectique.

    Le festival (du 30 juin au 14 août cette année) permettra aux Marnais de découvrir, le 20 juillet, Pura Fé, une grande dame trop méconnue. Artiste engagée et spirituelle, elle appartient à la tribu Tuscarora de la nation Indienne en Amérique du Nord et exprime à travers sa musique l'influence, trop souvent ignorée, des Amérindiens sur le blues.

    Les amateurs de country music et de bluegrass (qui avaient pu découvrir Ronnie Bowman en 2006) bénéficieront ce soir de la présence du groupe The Special Consensus qui se produira à St Martin sur le Pré, commune limitrophe. C'est un concert gratuit et en plein air (j'espère que la météo sera plus favorable qu'hier!) qui permettra de découvrir ce groupe plus que trentenaire.

    The Special consensus fut en effet fondé en 1975 par le joueur de banjo 5 cordes Greg Cahill qui reste le seul membre original. En 2007, ce groupe est composé de Greg Cahill (banjo et voix), Ron Spears (mandoline et voix), Justin Carbone (guitare et voix) et David Thomas (basse et voix).

    The Special Consensus n'est peut-être pas le plus original du genre, mais son professionnalisme est le gage d'un spectacle réussi. Son répertoire oscille entre tradition et modernité, entre bluegrass classique et newgrass aux parfums de jazz. Pour preuve, la reprise de "Blue Skies", standard écrit par Irving Berlin (l'immortel auteur compositeur de "White Christmas"), qui va plus chercher du côté de Tony Rice ou David Grisman que de Bill Monroe.

    07c244ec09ea1d185d1db8de3fa741c3.jpgVous pouvez découvrir The Special Consensus en écoutant son dernier album (ce doit être le treizième du groupe), "The Trail Of Aching Hearts", publié cette année chez Pinecastle.

     

  • Le jazz aussi

    Improjazz

    Depuis que je me suis lancé dans l'aventure bloguesque, il y a 17 mois maintenant, j'ai souvent parlé de musique, de la musique que j'aime et que j'écoute essentiellement.

    Mais au-delà des frontières et des étiquettes, il est important de parler des gens qui font vivre la musique et la font découvrir aux autres, par simple passion, sans recherche d'un quelconque intérêt ou profit.

    J'ai ainsi souvent évoqué Hervé et son association Acoustic in Paris. Aujourd'hui, je vous invite à rendre visite à Philippe et à son association Improjazz, qui édite d'ailleurs un magazine du même nom.

    Philippe est au jazz anglais ce qu'Hervé est au folk américain. Je suis sûr d'ailleurs que les deux auraient grand plaisir à se rencontrer.

    Mais si Hervé est un ami récent (Hervé, tu veux bien que je te considère comme un ami?), Philippe et moi nous connaissons depuis 1957 et le cours préparatoire, à Verdun!

    L'un comme l'autre m'ont fait découvrir beaucoup de choses et je leur en saurai toujours gré.

    Alors vite, allez rendre visite à Philippe.

    Et n'oubliez pas Hervé qui nous a encore concocté un programme de paradis pour le second semestre, avec tout d'abord le légendaire Eric Andersen le 12 juillet.

    PS: un nouveau disque de Ben Weaver, "Paper Sky" est sorti en mai dans la discrétion chez Glitterhouse (label allemand). Ce troubadour de 27 ans, qui se situe quelque part entre Greg Brown et Tom Waits (mais avec sa propre personnalité) a tout d'un grand. Ne le manquez pas...